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Un trek hors du commun

Non seulement une des randonnées les plus célèbres du pays, mais faisant également parti des plus beaux treks au monde. Au sein du parc national du Tongariro ce trek de 19,4 km sur terrain volcanique, traverse un volcan aux multiples cratères du même nom : le Tongariro, et encore actif aujourd’hui.

La dernière éruption date de 2012 ! 

Ce parc a été le 4e a faire parti du patrimoine mondial de l’UNESCO. Nombreux sont ceux qui s’y sont aventurés… et malheureusement certains n’en sont jamais revenu. Ce trek n’est pas « facile » mais il n’est pas non plus spécialement difficile et pourtant le Tongariro Alpine Crossing est le trek nécessitant le plus de secours en Nouvelle-Zélande. La popularité de ce trek fait que tout le monde veut le faire, et nombreux sont ceux qui se lancent pour les 19,4 km de trek volcanique avec ZERO expérience de randonnée, sans chaussures adéquates, et sans écouter la météo.
Mont Ngauruhoe
Brouillard dans le cratère
  • En été où la fréquentation est maximale et astronomique – à la queue leu leu – une part non négligeable de touristes s’y balade en tong, et ceux qui s’en sortent le regrettent amèrement !
  • En hiver le climat est tout autre : brouillard et froid extrême, 3 semaines avant que je me lance pour ce trek un homme est décédé d’hypothermie, et on peut également trouver des arêtes gelées donc crampons obligatoires mais pourtant trop nombreux sont ceux qui ne veulent pas louer des crampons « parce que c’est trop cher » et qu’ils peuvent faire sans. Dommage de finir sa vie pour 15$NZ soit 8€ 🙂

Source Wikipedia

Jusqu’en 2007, la traversée s’appelait «Tongariro Crossing», mais elle a été remplacée par «Tongariro Alpine Crossing» pour souligner les conditions météorologiques extrêmes sur le terrain exposé

Parcours du trek
Au delà de sa longueur, le principal inconvénient du Tongariro Alpine Crossing est que ce n’est pas une boucle mais une traversée. Il faut donc trouver du monde pour faire la navette en plaçant des voitures sur le parking d’arrivée. En été un service de navette à réserver à l’avance existe mais en hiver il faut tout simplement se débrouiller tout seul 🙂 Grâce au groupe d’entraide Facebook des Français en Nouvelle Zélande, avec Isabel nous avons réussi à former un groupe avec 4 autres Français, c’est plus convivial et comme ça plus de problème de navette !

Conseils de TotoLe conseil de Toto :

En hiver, les conditions de neige et de glace peuvent changer d’une semaine à l’autre, donc nous sommes passés à l’office du parc national pour demander les conditions du trek. La semaine précédente il fallait obligatoirement les crampons car tout était gelé, mais cette semaine nous avons de la chance le niveau de gel étant au-delà de 2000m, la neige a fondu sur l’arête sommitale donc pas besoin de crampons – comme quoi !

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Début du trek

Le mordor

Ce qui fait également la popularité de ce trek c’est parce que le Tongariro et ses plaines sont le décor du Mordor et de la montagne du destin dans la trilogie du « Seigneur des anneaux« . Les formations rocheuses volcaniques déchiquetées de la région et les paysages stériles étranges étaient un endroit idéal pour créer le désert sombre et obscur du Mordor dans le film.  C’est le mont Ngauruhoe, le plus haut de cette chaîne de volcans qui a été transformé numériquement pour créer le feu de la montagne du destin, le centre de la quête de Frodon pour sauver la Terre du Milieu.

Tongariro ou la montagne du destin
Mordor et Tongariro en arrière plan

Sauvons la terre du milieu

9h du matin nous voilà partis pour cette longue marche au travers de paysages désertiques, volcaniques et merveilleux. Nous n’avons pas de chance sur le temps, il y a du brouillard et il fait très froid. Il faut les gants, le bonnet, la doudoune et en avant. Niveau météo c’était la meilleure journée de la semaine donc en avant pour aller détruire l’anneau dans le volcan !

En avant le groupe
Le mont Ngauruhoe

Terre de glace et de feu

Environnement de glace et de feu
Le Mordor encore et encore
Plaines du mordor

Tout au long de la randonnée, de gentils panneaux nous rappellent que nous sommes dans une zone volcanique active et qu’il n’est pas prévu d’alarme ou d’évacuation en rang 2 par 2 en cas de danger. Il faut donc rester prudent ! Mais on a beau être prudent, si le volcan se met à péter je vois pas trop ce qu’on peut faire hein ?! 🙂

Cocotte minute en préparation
Cascades en chemin
Parc national du Tongariro

Arrivés au premier col, nous prenons en pleine face de grosses rafales de vent et la température déjà pas bien haute chute soudainement. 2 minutes hors de la polaire et mes doigts sont gelés ! Le tout dans le brouillard, nous ne pouvons même pas admirer la vue… tête baissée, on continue d’avancer en priant pour une éclaircie.

Partie raide dans le brouillard
Début de neige au col

Traversée du premier cratère dans le brouillard. Le décor est lunaire, ce n’est même plus des cailloux mais un mélange pâteux et on tente de deviner les sommets des volcans qui se dessinent autour de nous.

Traversée du 1er cratère

Nous voilà au pied de l’arête sommitale. Le vent souffle toujours mais s’est nettement calmé par rapport au col précédent et je comprends à présent qu’avec d’énormes rafales de vent, du brouillard et de la glace sur cette arête, l’ascension peut vite devenir fatale sans crampons !

Arête sommitale

Avec Hugo nous apercevons une éclaircie et on se tape un sprint sur les derniers mètres de la montée pour espérer voir la vue de l’autre côté pendant ces quelques secondes…

Échec

La vue sur les lacs

Alors demi échec seulement car il faut vraiment s’imaginer que nous marchions dans le brouillard depuis plus d’ 1h et que d’arriver au sommet en apercevant un semblant de lac à travers les nuages c’était magique ! On s’extasie comme on peut lorsqu’on a rien à voir 🙂

Descente du sommet

L’éclaircie magique

En descendant ce sommet du Tongariro, nous arrivons aux trois lacs émeraudes qui jouent à cache cache avec les nuages. Après 10km de rando, nous voilà à la moitié du chemin et c’est l’idée de s’arrêter là pour pique-niquer est la meilleure que nous ayons eu. Ces lacs émeraude sont le plus beau spot de la randonnée alors nous faisons la pause sandwich dans l’espoir que le vent dégage un petit peu la vue. Nous mangeons au milieu des fumerolles et de cette odeur de souffre qui nous rappellent qu’à tout moment le volcan peut exploser comme une cocotte minute ^_^

Lorsque soudain, c’est l’éclaircie magique qui change tout ! Les nuages se sont dissipés, la vue est vraiment dégagée, le soleil est sorti,c’est vraiment magnifique et extraordinaire. Nous sommes là avec notre sandwich au beau milieu de ces volcans qui fument et c’est unique.

Contemplation du mordor
Fumerolles aux lacs emeraude
La vallée du Tongariro

Etant donné que les nuages nous ont fait manquer la vue sur les lacs émeraudes quelques instants plus tôt, nous nous motivons à remonter dans les cendres et la caillasse du Tongariro.

Et c’est sans regret

Les lacs emeraudes

Est-ce que c’est pas mieux sans brouillard ?

Panorama des lacs

On peut même apercevoir le Red Crater au dessus duquel on est passé sans savoir.

Red crater

Malheureusement, l’éclaircie est de courte durée et aperçoit le brouillard s’engouffrer sur la plaine à vive allure poussé par le vent. Il est temps de repartir car l’air de rien nous n’en sommes qu’à la moitié et il reste 9,4 km. Sur le col suivant , nous nous retournons pour jeter un dernier coup d’œil au Tongariro et son voisin le mont Ngauruhoe. En effet le brouillard a totalement envahit la plaine mais le sommet du cratère sort encore le bout du nez. L’atmosphère est mystique, et c’est parfait pour s’imaginer les scènes du Mordor dans le film du Seigneur des anneaux.

Sommet des cratères
Arc en ciel blanc dans le brouillard

Une fois passé le dernier cratère, la rando perd énormément d’intérêt. Il reste 6 km à descendre, c’est monotone, et semble interminable. Surtout dans le brouillard c’est très très long.

Redescente dans la vallée
A la fin du trek

Nous terminons bien fatigués et à la limite de la tombée de la nuit. Faute d’avoir attendu le beau temps à la pause repas, mais ça valait le coup ! Même si les conditions n’ont pas été parfaite tout le long du trek, nous avons expérimenté beaucoup de changements climatiques en l’espace de nos 5h de marche. Finalement la rando était plus facile que ce à quoi on s’imaginait du fait de tous les avertissements, accidents et mises en garde du département du parc qu’on peut voir. Cependant il est vrai que dans de mauvaises conditions, et sans équipement adéquat cela peut devenir un vrai calvaire… C’était magique, j’essaierai de le refaire lors de mon retour vers Auckland si le beau temps est présent.

Panorama de fin
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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

Commentaires:

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    Piero

    6 août 2020

    De toute bôté ! <3

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