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ITINÉRAIRE

Le Northland en Nouvelle-Zélande n’a absolument rien à voir avec la province de Jon Snow – désolé mais là il faut avoir la référence Game of Thrones.

King in the north
You know nothing

De Auckland au Cap Reinga

Chez les Kiwis, c’est plutôt le nom donnée à toute la région située au nord d’Auckland. Si on veut être précis elle se divise en 3 districts : Whangarei à l’Est, Kaipara à l’Ouest et le Far North tout au nord. Au travers de ces 3 districts, voici donc mon itinéraire des principaux endroits du Northland :

Itinéraire du road-trip Northland

Et PAF le van

Depuis le Coromandel, je remonte vers Auckland pour explorer le Northland. Mais en chemin tout ne s’est pas passé comme prévu. A proximité d’Auckland, le van commence à faire un bruit étrange dans le moteur mais j’ai encore quelques kilomètres à faire avant de regagner la grande ville. Petit stop au supermarché pour faire le plein de nourriture mais au moment de repartir, plus de direction assistée et impossible de freiner. J’ai dû m’arrêter au frein à main exactement comme dans les films, sauf que heureusement je n’étais pas en montagne sur une route sinueuse mais sur le parking du centre commercial !
Il y a un garage à 400m mais si je ne veux pas payer un remorquage à 200$NZ pour si peu je suis obligé de trouver un moyen d’amener le van là bas. Je me lance sur la route à 10km/h et warning en place mais ces 400m sont un parcours du combattant pour apprenti pilote. Je dois braver un rond point, un feu avec démarrage en côte s’il passe au rouge et tout le traffic qui va avec sans pouvoir freiner si tourner facilement.

Mission réussie à coup de frein à main, me voilà au garage

Bien sûr le garagiste n’a pas le temps de s’occuper de moi en urgence mais je réussi à le séduire pour qu’il examine le van de Toto dans les prochaines 24h. Cela sous entend pour moi de devoir dormir ailleurs : uber + auberge de jeuness en centre ville… Finalement ça tombe bien je n’avais pas prévu de visiter Auckland.
Auckland by night
Sky tower Auckland

Je commence à perdre espoir à attendre à Auckland mais le lendemain matin la garagiste m’appelle pour m’annoncer 3h de travail. Parfait au travail coco ! C’est alors que pendant la journée le verdict final tombe et il m’annonce plus de 4000$NZ de réparation car le vilebrequin qui est cassé a également endommagé plein de choses dans le moteur d’où le combo frein, direction assistée, alternateur…  Hors de question de dépenser quasiment le prix d’achat du van pour le réparer… jusqu’à la prochaine réparation ?  Coup de poignard, tous mes espoirs de road trip s’effondre, ruine et dépression absolue !

Le van part à la casse

Aurevoir petit van
Démontage de van

Ma seule possibilité de continuer ce voyage et de prendre un van de location. Heureusement grâce au virus les prix sont au plus bas et c’est très avantageux, j’aurais dû faire ça depuis le début ! Bref, une fois le van de location récupéré, j’ai passé la journée au garage pour transférer mes affaires dans le nouveau van et désosser l’intérieur de l’ancien pour y récupérer un maximum de chose dans l’espoir de le revendre à d’autres backpackers. Je ne me laisse pas abattre et le road-trip continue avec un van au toit rehaussé en mode vendeur de glace !

Van de location

La faute mécanique

J’avais acheté ce van car il était impeccable d’un point de vue mécanique : pompe à eau et courroie de distribution changée 2 mois plus tôt. A la vue des factures de réparation, le garagiste d’Auckland a en effet trouvé ça louche. Fort sympathique, il a poussé l’investigation et m’a annoncé à 99% de certitude que le garagiste qui a fait la réparation a dû se foirer et remettre une pièce de travers… qui avec le temps a endommagé tout le moteur. Le méchant et le bon garagiste font heureusement partie de MTA, un label de certification des garagistes en NZ. Le gentil garagiste d’Auckland a passé la journée avec moi pour lancer une procédure auprès de MTA afin de demander gain de cause. Les démarches ont été compliquées et incertaines mais au final, le méchant garagiste a accepté de rembourser les frais de main d’oeuvre de la facture. Ca ne couvre pas les frais mais c’est toujours mieux que rien !

En plus de tout ça j’avais déjà payé la taxe diesel pour 10.000 km et c’est pas donné. En Nouvelle-Zélande le diesel n’est pas taxé donc il n’est pas cher mais en contre partie il faut payer une taxe par km parcouru, ce qui revient un peu au même et dans mon cas c’est bien pire car j’ai payé pour tout ce que je n’ai pas fait.

Bilan des pertes

Achat du van

-5400 $NZ

Investigation garage Auckland

-340 $NZ

Carte grise 

-10 $NZ

Taxe de circulation 4 mois

-78 $NZ

Taxe diesel 10 000 KM

-700 $NZ

Après verdict

Remboursement main d’oeuvre

+600 $NZ

Revente van pour pièce

+1000 $NZ

Désimmatriculation

-10$NZ

Remboursement taxes

+58 $NZ

TOTAL 

-4 880 $NZ (2796€)

Un ciel bioluminescent

Pilule du van avalée et digéré, je repars sur les routes avec mon camion-glace direction le Northland. Sur la route entre Auckland et Whangarei, il y a LE truc GRATUIT à ne pas manquer : Waipu cave. C’est une grotte assez profonde mais à l’apparence totalement banale qui recèle de glow-worms – vers luisants – sur les parois.
Entrée de Waipu cave
Il faut bien sûr une lampe pour progresser dans cette grotte, mais lorsqu’on se met dans le noir complet on peut admirer un spectacle exceptionnel : comme un plafond étoilée, des centaines petits points illuminés sur les parois de la grotte.

Un peu de sciences naturelles

Ces organismes bioluminescents provoquent une émission de lumière du fait d’une réaction entre une protéine et une enzyme : luciférine / luciférase. Lorsque ces deux protéines s’associent, la luciférase catalyse l’oxydation de la luciférine en présence d’oxygène. De cette oxydation, la luciférine devient instable le seul moyen de revenir à son état stable est de libérer un photon, source de lumière. Et même si tu n’as rien compris à l’explication scientifique, je t’assure que le spectacle est absolument magique !!
Glow worms

Comment attirer une proie dans une grotte totalement obscure ?

Il faut savoir que plus les vers ont faim, plus ils secrètent cette enzyme. En résumé, tous les vers illuminés sont ceux qui meurent de faim ! C’est cette lumière qui va attirer leur proie et  leur permettre ainsi d’attirer moustiques, mouches et autres petits insectes dans une grotte obscure.

Waipu cave

Conseils de TotoLe conseil de Toto :

Ces glow worms détestent la lumière, il faut donc éviter de leur braquer la lampe dessus pendant 10 minutes . J’ai tenté des photos en pose longue avec trépied mais ce n’est pas évident vu l’absence totale de luminosité

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Les glow worms de waipu

Et à la manière des araignées ils ont leur petits pièges. Il font pendre de simples filets de baves gluants pour attraper leur nourriture. Mais attention c’est pas le filet de bave que toi ou moi pouvons faire… c’est du filet de bave de compétition : un filet avec de minuscules petites perles magnifiques qu’ils enroulent une fois leur proie attrapée.

Si un jour on m’avait dit que j’allais m’extasier

face à un filet de bave de vers luisant !

Filaments de glow worm

Conseils de TotoAstuce

Ces vers luisants ne sont pas disposés n’importe comment. Ils reforment sur le plafond de la grotte, les méandres de l’eau qui s’écoule plus bas pour maximiser leur chance d’attirer les moustiques qui eux suivent le courant d’eau.

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Glow-worms payants ou gratuits ?

Alors la Waipu cave est entièrement gratuite est libre d’accès. Totalement naturelle, c’est ce qui rend l’expérience encore plus chouette. Cependant lorsqu’on cherche « glow worm cave« ‘ sur internet, on ne tombe que sur la « Waitomo cave« . Je n’ai pas fait la Waitomo pour pouvoir en parler mais j’ai rencontré des backpacker à Waipu qui ont littéralement regretté d’être allé à Waitomo.

En résumé Waipu c’est gratuit et naturel, tu y restes le temps que tu veux, photos illimités – sans flash bien sûr – il n’y a quasiment personne dans la grotte et il y a suffisamment de vers luisants pour vivre une expérience magique. Alors que Waitomo c’est 40$ ~ 25€, certes il y a beaucoup plus de vers mais il est interdit d’y prendre de photos, il y a des planches de bois pour se balader – eh oui touristique – la balade en barque dure entre 30 min et 1h, et c’est 200% touristique…

Normal car leur photo (fake) fait rêver

Pub Waitomo
Pub Waitomo (photo fake ?)

La raison pour laquelle Waitomo est plus prisée que Waipu, c’est car la majorité des voyageurs en Nouvelle-Zélande ne sont pas des backpackers long terme, mais plutôt des touristes 2-3 semaines avec un planning bien serré. Waitomo étant au sud d’Auckland, elle est ainsi plus facile à vendre pour un agent de voyage en le combinant dans un circuit pré-fait plutôt que d’envoyer les touristes dans un lieu non touristique où il n’a aucune commission à récupérer. Ceux qui partent au nord vont directement à la pointe, le cap reinga, sans s’arrêter en chemin.

A toi de choisir 🙂

Conseils de TotoLe conseil de Toto :

Waipu et Waitomo sont les deux plus connues mais en réalité, des glow-worms on peut en voir dans n’importe quelle grotte des deux îles.

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Abbey caves

Je reste dans la thématique des grottes en me rendant aux Abbey caves. Comme dans n’importe quel grotte en Nouvelle-Zélande il est possible d’y voir des glow-worms mais ce n’est pas le principal intérêt. Au beau milieu d’une forêt luxuriante, Abbey caves est un ensemble de trois grottes gratuites – plutôt rare pour devoir le préciser – qui offrent une belle expérience d’exploration à tout spéléo amateur.

Forêt luxuriante

Au delà d’être de simples grottes, celles ci sont en parties immergées ce qui rend l’exploration encore plus effrayante et excitante. Il faut parfois s’engouffrer dans l’eau gelée jusqu’à la taille.

Exploration d'abbey caves

C’est vraiment effrayant de s’engouffrer dans le noir et de marcher dans l’eau avec le simple éclairage de la frontale. Mais à la différence de mon expérience bien flippante des grottes du Laos, ce qui m’a permis d’explorer ces grottes c’est que je sais qu’en Nouvelle-Zélande il n’y a RIEN mais absolument RIEN de dangereux ou mortelcontrairement à l’Australie ou l’Asie où l’on rencontre des serpents pas toujours sympathiques. Une fois l’idée acceptée, la peur s’efface rapidement et en avant 🙂

Abbey cave
Abbey cave

Après 1h d’exploration dans le noir à traverser l’eau glacée, on se lasse assez vite. L’expérience est génial mais faire les trois grottes n’a aucun intérêt. Attention cependant à vérifier le niveau d’eau et la météo du jour. Ces grottes étant relativement engagées, avec une entrée verticale directe en profondeur, il est fortement déconseillé d’y pénétrer les jours de pluie pour éviter de finir ses jours noyé au fond de la grotte.

Whangarei heads

Le road-trip continue dans le district de Whangarei – se prononce Fangarei : en Maori  « Wh » = « F » – au Sud Est de la ville du même nom avec une rando en bord de mer totalement magnifique : Whangarei heads. Au départ de la plage Ocean beach, la rando traverse des collines verdoyantes, remplies de moutons et continue par la forêt en s’élevant rapidement jusqu’au sommet rocheux qui surplombe toute la côte.
Rando Whangarei

La diversité des paysages au même endroit est surprenante, et il y a des air de Coromandel. La vue du sommet sur toute la région de Whangarei est une belle récompense.

Au sommet de Whangarei heads
Toto au sommet

Il fait très chaud, le temps est comparable à une journée d’été et en plus avec l’effort de la rando j’improvise une baignade dans l’eau froide et les vagues du Pacifique sur la plage de Ocean beach. Ça sera peut-être la seule et dernière fois avant l’hiver alors j’en profite !

Baignade de Pacifique
Ocean beach à Whangarei

Conseils de TotoLe conseil de Toto :

Ce district de Whangarei est très très chouette car tous les points d’intérêt sont totalement gratuits, et en plus de ça les véhicules Self-Contained sont autorisés à camper n’importe où et gratuitement, ce qui offre une flexibilité de voyage immense.

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Baie des îles: là où tout a commencé

A la frontière entre le district de Whangarei et le Far North, la région de Paihia a marqué un tournant dans l’histoire de la Nouvelle-Zélande. Seul dans mon camping à 10$ de Paihia, je pars en exploration de cette ville relativement déserte à 8h du matin. Paihia étant un lieu très très touristique de l’île du Nord, il y a plein d’activités mais tout est naturellement payant : kayak, sortie dauphins, sortie bateau « hole in the rock », tour des îles…

Port de Paihia
Seul au camping
Paihia
Port de Paihia

La sortie Kayak ca doit être chouette en été mais en hiver c’est pas le bon plan. La sortie dauphins ça ne me branche pas car même si c’est cool ce sont des activités très chères pour aller faire un tour de bateau en pleine mer sans garantie d’en apercevoir… La sortie « hole in the rock » c’est LE truc de la baie des îles mais c’est surtout un sketch. Dans le même style que Cathedral cove, c’est une arche en plein milieu de la mer mais les gens payent un prix conséquent pour aller là bas et passer en bateau dans l’arche… pourquoi pas hein ?!

D’ailleurs le bonhomme de l’office du tourisme m’a expliqué simplement en me disant  « If you want to go there I sell you the ticket but honestly, there are so many holes in the rock in New Zealand »  – Si tu veux y aller je te vends le ticket mais des rochers comme celui là il y a tellement en Nouvelle Zélande. 

C’est ainsi que j’ai pris la dernière option restante : le tour des îles en bateau, seul moyen si on veut visiter un peu le coin. Prix covid : 89$NZ = 48€ pour 3h de bateau. Ça reste cher mais maintenant que je suis là je me lance. Au final ce tour était super cool car nous avons exploré plusieurs îles et c’est ainsi que j’ai découvert l’histoire de la Nouvelle-Zélande.

Là où tout a commencé

James Cook l'explorateur

C’est il y a environ 1000 ans de cela, en 1050 après JC que les polynésiens débarquent en Nouvelle-Zélande et colonisent le territoire. Cependant la culture Maori fait souvent référence à « Kupe« , un explorateur mythologique dont l’existence reste mystérieuse. Lorsqu’il serait arrivé sur les côtes de Nouvelle-Zélande, sa femme se aurait crié « He ao! He ao » – Un nuage ! Un nuage en Maori. La Nouvelle-Zélande fut d’abord appelé Aotea – Nuage blanc – par les peuples polynésiens, mais rapidement les vastes espaces de la Nouvelle-Zélande ont été découverts ce qui lui valut le nouveau nom de Aotea Roa – Grand Aotea = Grand nuage blanc. Le pays du grand nuage blanc, Aotearoa, est aujourd’hui encore le nom employé pour désigner le territoire Néo-zélandais.

600 ans après Kupe, un explorateur Hollandais du nom de Abel Tasman est le premier européen à partir à la rencontre des peuples du Pacifique et y découvre à son tour la Nouvelle-Zélande. Le premier contact avec les locaux installés ne se passe pas bien et le fait déguerpir. Il faudra attendre 100 ans de plus, en 1769 pour voir l’expédition du Britannique James Cook débarquer dans ce qu’on appelle aujourd’hui la baie des îles. James Cook étant plus déterminé que son prédécesseur Hollandais, il parvient habilement à établir un contact avec les Maoris en faisant un débarquement fusillademalheureusement les fusils sont plus efficaces que le Haka impressionnant des tribus locales… Pour leur prouver sa sympathie il a ensuite soigné tous ceux qui n’étaient pas morts. Sympa ce James Cook ! Cette histoire s’est déroulée sur les îles de la baie de Paihia et particulièrement sur l’île de Motuarohia – Motu signifie île en Maori, le reste je ne sais pas ^^

L'île du débarquement de James Cook

Durant 70 ans, la colonisation perdure et les échanges commerciaux avec les locaux se développent jusqu’en 1840 où est signé le traité de Waitangi. Ce traité signé entre la couronne britannique sur les chef Maoris de Nouvelle-Zélande est l’acte de fondation du pays, qui en fait une colonie britannique officielle. Les paysages sont paradisiaques, et la balade en bateau entre les îles vaut vraiment le coup. Nous avons ensuite mis le pied sur UrupukapukaPuka = arbre en Maori, Puka Puka = beaucoup d’arbres > la grande île avec beaucoup d’arbre.

Urupukapuka
La baie des îles
Plage d'Urupukapuka

Russell

Le petit tour des îles se termine par un village très mignon du nom de Russell. Pourtant très touristique, le combo hiver + mauvais temps + coronavirus a fait que je m’y suis retrouvé seul et j’ai ainsi découvert un village mignon, absolument désert, qui russell recèle de bâtiments au style colonial – badum tssss la blagounette.

Russell
Plage de Russell

Le gang des vans

Avec mes amis de confinement : Véronique la Française, Tristan et Nicky les Anglais eux aussi dans le coin, nous organisons un weekend retrouvailles un peu plus au nord de la baie des îles, à proximité de la ville de Whangaroa. Avec nos 3 vans, on se balade sur les routes tels de vrais gangsters backpackers c’est énorme.

Gang des vans

Le beau temps n’était pas au rendez-vous alors il a fallut trouver une activité d’intérieur. Le sort s’est porté sur la Kawiti glow worm cave. Les anglais n’avaient jamais fait de glow-worm cave et cette grotte bien que payante est bien moins touristique que Waitomo. Aussi, la grotte Kawiti est est tenue par une famille Maori locale depuis des générations ce qui est appréciable pour soutenir l’économie locale. Ces grottes sont donc sacrées pour eux et nous avons même eu droit à une prière maorie chantée par la guide, sous la lueur de ces vers luisants. Et ça c’était vraiment sensationnel !

Kawiti glow worm cave

Pour la petite histoire de cette grotte. Une de leurs ancêtres a vécu dans cette caverne durant 7 années alors qu’elle tentait d’échapper à la maltraitance de son mari… Le feu émanant de la grotte a attiré l’attention d’un membre du village qui l’a découvert mais a préservé le secret durant tout ce temps en lui apportant de la nourriture en cachette. Après 7 ans de cachette, elle décida de retrouver son village où elle fut instantanément décapitée par les chefs Maoris pour trahison. Cordialement.

La prière chantée aujourd’hui est en sa mémoire

Petite pause dans la ville de Kawakawa – et non pas de café ! Dire que c’est une ville est un bien grand mot c’est plutôt une rue avec 2 magasins, des toilettes artistiques assez loufoques et 3 restos de cuisine internationale également spécialisés dans le fish & chips. De manière générale, en Nouvelle-Zélande j’ai l’impression que tout peut-être spécialisé dans le fish & chips. Ça ne m’étonnerait pas de trouver un barbier qui fait aussi fish & chips … ah lala ces colons britanniques.

Des toilettes artisitques
Indian good fish & chips
amanite tue mouche ?

La suite du weekend se porte sur une randounette sur St Paul’s rock. 30 petites minutes de grimpette pour avoir une vue sur toute la baie de Whangaroa.

Arrivés à Whangaroa, le bord de mer est truffé d’huîtres. Ce n’est pas un élevage, elles sont là naturellement et c’est gratuit il n’y a qu’à se servir sur les rochers alors Tristan l’aventurier se décide d’aller en tester… Je passe mon tour mais apparemment elles étaient très bonnes et il n’a pas été malade.

St paul's rock
Whangaroa
Port de Whangaroa
Huitres en libre service

Le Rainbow warrior

En 1985, le « Rainbow warrior », un navire de l’organisation écologiste Greenpeace alors à quai à Auckland, se préparait à prendre la route de la Polynésie pour aller protester contre les essais nucléaires Français. Mais le gouvernement Français a lancé une opération de sabotage pour les empêcher d’atteindre leur destination : l’archipel des Tuamotu.

Source Wikipedia

« Les délais pour monter l’opération sont très brefs. Cinq hypothèses d’action sont proposées pour l’opération « Satanique »1. l’envoi d’une équipe médicale diagnostiquant la jaunisse chez l’équipage mis en quarantaine ; 2. le versement dans le réservoir du bateau de bactéries mangeuses de carburant ; 3. une charge explosive légère pour endommager l’arbre d’hélice ou le gouvernail du Rainbow Warrior, l’obligeant à de lourdes réparations ; 4. une dysenterie accidentelle pour laisser l’équipage à terre ; 5. une charge explosive lourde pour couler le navire. »


Cette dernière hypothèse, la plus radicale, est celle qui est retenue

Le 10 juillet 1985, 3 nageurs combats de la DGSE posent 2 bombes sur la coque du navire et l’envoient par le fond. L’équipage quitte le navire à temps sauf le photographe néérlandais en mission pour Greenpeace qui meurt noyé suite à l’explosion. Scandale médiatique et politique, après avoir nié la France admet finalement son implication dans l’attentat et verse 8 millions de dollars d’indemnisation à Greenpeace. Cette affaire d’état a altéré les relations entre les deux pays qui ont mis des années à se réconcilier. La France a également dû payer pour le financement du mémorial de Matauri Bay.

Memorial
Matauri bay
Rainbow warrior memorial

Kauris: seigneurs de la forêt

Avant de me rendre au cap le plus au nord de Nouvelle-Zélande, je remonte par la côte Ouest pour visiter la Waipoua forest. Considérée comme sanctuaire depuis 1952, c’est la forêt la plus connue du pays qui abrite tout un régiment de Kauris, ces arbres millénaires endémiques de Nouvelle-Zélande.

Famille de Kauris
Forêt de Kauris
Oh une fougère
A 15m de haut dans les Kauris
Kauris jumeaux
Caractéristiques d'un Kauri

Ces arbres ne sont pas nécessairement les plus grands, mais possèdent les troncs les plus larges de tout le pays avec une circonférence allant jusqu’à 16m. Certains Kauris peuvent aller jusqu’à 4000 ans mais celui qui avait le record est « décédé » il y a quelques années… Actuellement le véritable seigneur de la forêt encore vivant a 2000 ans et s’appelle Tane Mahuta. 

Tane Mahuta
Le seigneur de la forêt
Tane Mahuta

Maladie et extinction des Kauris

Maladie des Kauris

Contrairement à leur apparence de géant de la forêt, ces arbres millénaires sont en réalité très fragiles. Cette espèce est extrêmement protégée en Nouvelle-Zélande car ils sont menacés de dégénérescence à cause d’un petit champignon parasite qui se transmet par la boue et attaque leurs racines superficielles. Pour cette raison, toutes les forêts de Kauris – Waipoua est la plus vaste et la plus connue mais il existe bien sûr d’autres forêts de Kauris – ont des sentiers bien délimités afin de préserver au maximum ces arbres et d’éviter que nous les humains allons piétiner leurs racines en transmettant le parasite entre les arbres avec nos pieds dégueulasses ! Dans la Waipoua forest, la majorité des cas de maladies sont déclarés sur des arbres situés à moins de 50m du sentier…. foutus humains ! Après les gens se demandent « pourquoi il y a des barrières dans la forêt, c’est moche« . En plus du balisage de sentiers, le DOC – department of conservation – a installé des stations de nettoyage et désinfection de chaussures à l’entrée de chaque forêt de Kauris.

Station de désinfection
Nettoyage de chaussure

La route vers le Far North continue et traverse de merveilleux paysages absolument insolites. Falaises, dune de sables, prairies de moutons, arc en ciel ! Le soleil joue à cache cache avec les nuages mais lorsqu’il tente une percée je trouve que le rendu donne encore plus de cachet aux paysages.

Opononi
La plage de Opononi
Paysages de Nouvelle-Zélande
Vers le Far North
Opononi road
Falaise à Opononi
Route arc en ciel
Tauranga bay (rien à voir avec Tauranga)
C'est par là bas

Le nain saboteur

Au réveil à Opononi, belle surprise de constater une roue totalement à plat… Entre le van qui part à la casse et la roue crevée, je suspecte un nain saboteur anti-backpacker qui m’a posé la carte crevaison du 1000 bornes.

Crevaison 1000 bornes

En avant le cric, c’est parti pour le changement de roue. Techniquement ça pourrait être rapide à changer mais ce foutu van de location a le boulon de sécurité pour la roue de secours à l’intérieur d’une caisse difficile d’accès avec le lit déplié. Donc c’est à coup de micro tour de tournevis que je dévisse le boulon et 1h plus tard la roue est changée ! Les galères arrivant toujours en groupe, bien évidemment la seule station d’air comprimée de la ville est cassée… La prochaine est à 15km en arrière sur mon chemin – et oui sinon c’est pas drôle.  En avant à 30km/h pour parcourir ces 15km !

Dans cette histoire, petit coup de bol car cette station essence fait aussi garage et réparation de pneus – à tout moment il me sort aussi la spécialité fish & chips. J’en profite pour faire réparer le pneu crevé afin de repartir avec un Joker de crevaison possible 🙂  L’investigation de ce monsieur a montré que ce n’était pas un nain saboteur mais bel un bien un énorme clou de 8 cm que j’ai dû prendre sur la route ! Rassuré.

Roue crevée
Le clou saboteur

J’ai passé le temps à admirer les véhicules de collection qui étaient présent dans son garage. Et pour la petite info, la vieille voiture est fonctionnelle il s’en sert de temps en temps 🙂

Motos de collection
Collection

Un lac coca-cola

Dernière halte avant d’attaquer la grande ligne droite qui mène au cap – une ligne droite de 100 km ! Il s’agit du lac Rotopokaka plus communément appelé Lac Coca-Colaeh oui merci le marketing – du fait de sa couleur marron/noir qui s’apparente à celle du coca-cola. L’endroit est très chouette mais malheureusement il est fortement déconseillé de s’y baigner puisque cette couleur marronnasse s’explique par la pollution de l’eau.

Lac Rotopokaka
Lac Rotopokaka

En revanche le freecamp situé à côté est totalement classe. Une vaste zone d’herbe face à l’océan pacifique. Orienté plein Est, le van face aux vagues, c’est le spot idéal pour admirer le lever de soleil sur l’océan 🙂 Calme et sérénité absolue !

Lever de soleil depuis le van
Freecamp face à l'océan

Ninety mile beach

Cette fameuse dernière ligne droite de 100 km pour regagner le cap longe une immense plage du nom du « ninety mile beach« . A noter qu’à cause de ces anglais, les néo-zélandais ne savent plus quelle unité choisir puisqu’en réalité la plage fait 90 km et non pas 90 miles. D’ailleurs pourquoi « ninety mile » et pas « ninety miles » ? ça restera un mystère !

Entrée de la plage
Ninety mile beach
Ninety mile beach

Il est parfaitement autorisé d’y rouler puisque c’est une route officielle de Nouvelle-Zélande mais il vaut mieux être sûr de soi avant de s’engager car il n’existe pas d’échappatoire à chaque kilomètre. Vérifier la marrée et avoir un 4×4 ou quatre roues motrices sont des pré requis obligatoires car ceux qui s’y sont aventurés en van l’ont amèrement regretté 🙂

A tel point qu’il y a des panneaux d’avertissement à l’entrée de la plage avec photos à l’appui, c’est fabuleux. D’ailleurs le contrat de location mentionne bien l’interdiction de circuler sur la « 90 miles beach » avec le van. Du moins ça sera à tes risques et périls et sans assurance !

Avertissement 90 mile beach

Quand j’y étais c’était marée haute avec une mer agitée donc l’intérêt était faible. La plage en elle même n’a rien de spécial à part être interminable mais il est clair que la traverser en 4×4 dans de bonnes conditions ça doit être la folie.

90 mile beach experience - source internet

Te Paki: Le Sahara de Nouvelle-Zélande

Juste avant d’arriver au Cap Reinga se trouve les dunes de sable géantes de Te Paki. Le décor est absolument surréaliste. Alors que je conduis en plein milieu des prairies de vaches et de moutons je tombe face à ces immenses dunes de sable. Pour la petite explication, le sable de Te Paki provient des volcans situés à plusieurs milliers de kilomètres de là : les volcans de Rotorua et du parc du Tongariro au centre de l’île du Nord. Il faudra plusieurs milliers d’années pour que l’érosion et le vent face leur travail et créent ainsi ces immenses dunes de sable coincées entre la mer de Tasman et les prairies verdoyantes.

Panorama de dunes
Le Sahara de NZ
Te paki sand dunes
Où est toto ?
Dunes de sable
Te paki

Le surfeur de sable

Ce qui est fabuleux c’est qu’on peut surfer ces monstres de sable en louant un bodyboard. Expérience unique, il ne m’en faut pas plus pour attendre, me voilà à marcher seul dans le désert à la recherche des vagues de sables !! Fun assuré et j’en ai mangé du sable. On dirait pas comme ça mais c’est très raide et lorsqu’il faut se remonter la dune à pied tu fais moins le malin 🙂

Surfeur de sable
Surfeur des sables
Elles sont où les vagues ?

Spirits bay

Après cette bonne grosse marade, il est temps de regagner le cap reinga, le point le plus au nord du pays. La météo n’est pas au rendez-vous, nuageux et venteux avec des rafales de vent à faire tanguer le van c’est impressionnant. Me voilà au bout du monde ? La météo étant plus clémente le lendemain je décide de passer la nuit à Spirits bay, un freecamp à 30km du cap pour y revenir dans de bonnes conditions. Le freecamp est féerique, face à une immense plage bordée de falaises, et à côté un près avec des chevaux en liberté. Accessible suite à une gravel road de 16km – route non goudronnée – et bien évidemment je suis le seul campeur à me poser là 🙂

Solo au freecamp
Spirits bay

La météo alterne rapidement et le soleil joue encore à cache cache. La pluie se mêle à l’aventure à tel point que je cours m’abriter sous un rocher en forme de dôme en plein milieu de la plage. Et pendant que l’averse passe, je contemple un arc-en-ciel sur la baie.

Abris de pluie
Arc en ciel à Spirit bay
Panorama Spirits bay

Le mauvais temps est passé, je patiente en haut de ce rocher jusqu’au coucher du soleil et découvre un spectacle naturel magique.

Mouettes au coucher du soleil
Vagues éclatant sur les rochers

Cap reinga: Le nord du nord

Cette fois on y est ! Comme prévu au petit matin la météo est bonne et le ciel dégagé. Je pars en direction du cap et refait la route de la veille avec un climat qui n’a absolument rien à voir. Le vent est tout de même bien présent mais incomparable avec les rafales de la veille. La route d’arrivée au cap est tellement nature que c’est splendide.

Direction cap reinga
Derniers Kilomètres
La route du cap et les dunes Te Paki

Du parking, une balade mène jusqu’au phare qui marque réellement le cap. Il fait très beau, c’est grandiose.

Phare du cap
Quelle direction ?
Vue au cap Reinga

La réunion des eaux

Au délà d’être le point le plus au nord du pays, ce cap apporte quelque chose d’assez rare au monde. C’est le parfait endroit pour observer la réunion entre la mer de Tasman à l’Ouest et l’Océan Pacifique à l’Est. Ce phénomène est à l’origine de la formation de vagues au large du cap et c’est nettement observable. Il n’existe pas beaucoup d’endroits dans le monde où on peut aisément contempler la démarcation des eaux.

Cap Reinga avec les vagues de démarcation

Le passage vers Hawaiki

Dans la culture Maoris, ce cap est mythique. C’est une terre sacrée. Pour la petite info, des travaux ont été entrepris pour déplacer le parking de l’époque qui était situé sur cette terre sacrée. La légende raconte que c’est le point d’entrée vers l’au-delà appelé Hawaiki. Les âmes arrivent jusqu’au cap et quittent l’île des vivants en plongeant dans l’Océan via le Pohutukawaarbre vieux de 800 ans endémique de Nouvelle-Zélande. Elles regagnent en premier lieu l’île en face du cap : Three Kings island et jettent un dernier regard vers le cap avant de poursuivre définitivement leur voyage vers Hawaiki, maison spirituelle.

Panorama du cap

L’exploration du Northland est terminée, il n’y a plus qu’à redescendre au centre de l’île pour continuer le road-trip sur une thématique volcanique. Ce Northland a monté encore plus accentué l’effet Wouaw de Nouvelle-Zélande, prépare toi à la suite qui promet d’être encore plus dingue et insolite.

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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

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