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« II était une fois… » c’est comme cela que commence les contes de fées mais malheureusement cette fois c’est plutôt le contraire. C’est l’histoire d’un virus qui s’appelle covid-19 et qui a décidé de foutre en l’air le monde entier.

Le corona pour tous et tous contre le corona

La montée en force du virus dans le monde commence à faire des ravages. Après la Chine, les Philippines et la Malaisie, le corona se prend des vacances en Europe et commence son périple par le pays du patrimoine romain.

A ce moment là, branle bas de combat sur le globe. Entre les gens malades, les projets annulés, les entreprises en PLS, les déplacements compliqués, c’est le monde entier qui s’écroule, alors tous les pays se mettent en guerre contre ce virus. Un rapide sondage entre voyageurs a montré que beaucoup de personnes nous pensaient tranquille en voyage et qu’on a « de la chance ». Alors ce débat peut durer très longtemps avec des arguments pour et contre parfaitement recevables c’est pourquoi je ne vais pas me lancer là dedans mais simplement raconter en toute franchise ce qui s’est passé de mon côté. Car au final tout le monde a vécu des situations compliquées à sa façon.

Komodo… qui tombe à l’eau

Après le merveilleux séjour sous-marin à Raja Ampat, je regagne le cœur touristique de l’Indonésie et que tout le monde connaît : Bali. Plus précisément je me pose à Lombok pour rejoindre Steffi – rencontrée à Koh Lipe – avec qui j’avais projet de partir vers Komodo et Nusa Tengarra. Pensant échapper au virus et aux fermetures progressives du tourisme sur ces îles reculés nous étions bien loin de nos peines. Au matin même de partir pour nos 4 jours de traversée en catamaran vers Komodo, nous apprenons que tout est annulé. Les gouvernement Indonésien ferme le tourisme pour 15 jours et seuls les retours vers Bali sont autorisés. A ce moment, choix crucial nous avons 5 minutes pour choisir de rester coincés sur Lombok – 15 jours ou plus ? – ou bien embarquer sur un des derniers ferry de retour vers Bali et que tout le monde est en train de prendre d’assaut. Le choix est difficile, comment savoir quel est le meilleur, quelles sont les conséquences de rester…etc on arrive à comparer les pour et contre de chaque scénario à toute vitesse pour finalement opter pour le retour sécurité à Bali – au moins on sera proche d’un aéroport international en cas de PLS.
Histoire de nous remonter le moral pour les Komodos, nous croisons 3 énormes bancs de dauphins sur le retour à Bali et ça c’est méga classe ! – la photo par contre est beaucoup moins classe.
Dauphins flous, mais dauphins quand même

Bali Balo

Nous arrivons à Ubud et on se dit que finalement on est pas si mal et qu’à la place de Komodo on fera 15 jours à Bali. L’hôtel piscine à 5€ le dortoir est plutôt très sympa pour se détendre.
Ya pire comme hôtel
On y rejoint une amie de Steffi pour une petite balade de scooter à 3 entre les plages et les rizières. C’est pas évident de conduire mais on est en Indonésie alors il n’y a pas vraiment de règles… c’est très drôle et on est bien en dessous du nombre moyen de personnes sur un scooter en Indonésie, puisqu’ils sont en général 4 ou 5 🤣 Et le meilleur moment reste celui là :
  • *je vois la police au loin*
  • – merde les flics
  • – les filles faites comme si de rien n’était, ne les regardez pas
  • *policier qui nous suit du regard*
  • – bon je crois qu’ils nous ont vu… mais en fait qu’ils s’en fichent royalement 🤣🤣
A 3 sur le scoot à Bali
Rizières Bali
Mama Bali
Temple Balinais
Temple Balinais
Temple Balinais
Dreamland beach
Belle plage de Bali
Brice de Balice
Steffi au surf

Echec et mat

Après 1 jour de plages à surfeurs, détente piscine et de fun, le corona fait son retour. Au réveil, je reçois de nombreux messages, et vois la situation en France qui s’aggrave de plus en plus.
Entre les messages de gens qui s’inquiètent, des histoires de voyageurs coincés un peu partout dans le monde, les groupes Facebook de tourdumondiste qui s’affolent et cherchent à tout prix comment rentrer, et les touristes à Bali qui ne parlent que de ça, la panique des gens commence à s’installer… c’est stressant, énervant, et toi tu es au milieu de ce bordel, sans repère et tu dois décider !
Ça paraît bête et simple mais c’était vraiment pas évident à gérer. Rentrer, rester, bouger, quelle est la bonne décision ? Et même s’il n’y a pas de bonne décision, quelle est la moins pire ? Lorsqu’on n’est pas chez soi et que notre maison c’est un sac à dos, à ce moment là chaque décision de déplacement est vraiment importante car elle impacte toute la suite du voyage.
Etre en voyage pendant l’épidémie du coronavirus c’est clairement être dans un jeu de stratégie grandeur nature, à devoir anticiper tous les mouvements de l’ennemi pour pouvoir sauver son voyage. Chacun de mes déplacements peut être fatal : me donner un peu plus de répit, ou me bloquer définitivement à un endroit. Je joue aux échecs contre le coronavirus.

Un choix décisif

Les gens ne s’imaginent pas les journées de torture psychologique que nous avons passé avec Steffi. La plupart des gens nous conseillaient de rentrer en France pour être en sécurité, et cela semblait evident de prime abord. Mais si on analyse en détail la situation ce n’est pas si évident.
Pour bien faire les choses, au retour en France il faudrait s’isoler 14 jours totalement seul pour être sûr de ne pas avoir ramené le virus d’Asie et propager l’épidémie – ce que beaucoup de voyageurs n’ont malheureusement pas fait. Rentrer en Europe signifie aussi passer par de gros hubs humains : aéroports, gare, bus, soit le meilleur moyen d’attraper le virus si on n’est pas déjà porteur donc pas terrible.
Cependant, même lorsque l’on veut rentrer ce n’est pas si facile. En effet, nous sommes mi mars, et à ce moment là le confinement vient d’être prononcé en Europe, et des rumeurs circulent sur la fermeture des frontières. De ce fait, de nombreuses compagnies annulent leur vol à la dernière minute, obligeant les voyageurs à débourser plusieurs millier d’euros pour racheter un billet car les prix s’envolent à des tarifs hallucinantset les rares avions qui volent encore deviennent un luxe. Cette situation a rendu les gens totalement fous… Dans la panique, tout le monde voulait rentrer coûte que coûte, autour de moi des histoires invraisemblables de voyageurs et des familles qui se sont ruinés dû aux annulations successives pour rentrer en France. A titre d’exemple, l’amie de Steffi a payé 1000€ pour rentrer de Bali en classe éco, et c’était dans les plus raisonnables. Pris au piège dans la gueule du loup, tout s’est fermé d’un coup.

 Le virus avait 3 coups d avance.

Rentrer en France reste-t-elle la meilleure solution ?

Vouloir prendre de hauts risques de contamination pour les autres et pour moi, pour rentrer en France ne me plaisait pas. Venant d’Asie je trouvais même ça irresponsable ! Et annuler un tour du monde pour aller m’isoler en France 14 jours c’est moralement très compliqué à accepter. Cependant même si rester à Bali était chouette, en cas de situation sanitaire grave, je ne voulais pas me retrouver coincer en Indonésie. Ma prochaine destination étant l’Australie j’ai commencé à étudier ce changement de plan, mais les actualités du pays sur le coronavirus et les divers groupes facebook de backpacker n’étaient pas rassurants… La Nouvelle-Zélande avait l’air beaucoup plus isolée de cette épidémie et imposait une quarantaine de 14 jours obligatoire pour tout nouvel arrivant. Très bonne initiative ! Quitte à faire les 14 jours de quarantaine, je préfère les faire dans un autre pays en espérant pouvoir continuer le voyage plutôt que de les faire en France et mettre un terme à ce tour du monde. En moins de 10 minutes, je venais de m’offrir un aller simple pour la Nouvelle-Zélande… Départ dans 48h.

Conseils de TotoAnecdote

Pour la petite histoire j’ai appris par la suite que des voyageurs rencontrés en Indonésie ont déclaré le virus peu de temps après leur retour en France… et malheureusement  je pense que la triste situation en Europe est en partie causée par ces gens qui ont voulu rentrer sur un coup de tête pour être en « sécurité » sans prendre les précautions nécessaires 🤔😪

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Une histoire de visa

Jour J, après avoir regardé 10 fois par jour depuis 48h si le vol n’était pas annulé, me voilà enfin en direction de l’aéroport. Après vérification sur le site diplomatie.gouv.fr, la Nouvelle-Zélande donne droit à 3 mois sans visa. La Nouvelle-Zélande était ma porte de sortie de cette course contre le virus, si je parvenais là bas, la suite serait plus simple. A l’embarquement, Emirates me demande le visa NZ…
  • – euuuuh pas besoin monsieur !
  • – si si, il faut obligaroirement un e-visa depuis octobre 2019 pour embarquer.
  • – Ah !
Ah !

Le stress monte, je m’imagine refuser d’embarquer à cause de ce visa, tous mes plans qui s’écroulent. Face à mon visage déconfit, le monsieur m’indique que ca peut se faire en ligne en 5min ! Me voilà rassuré. Il est tellement sympa qu’il me fait un partage de connexion avec son portable pour que je puisse faire le nécessaire. Tout est en ordre, me voilà dans en salle d’embarquement.

Un histoire de frontière

A chaque étape, j’ai l’impression d’avoir réussi une mission de fou ! Et que je passe des points de sauvegarde sans savoir si la prochaine étape va bien se passer ou va me renvoyer à la case départ. A tout moment il peut y avoir GAME OVER. Tant que je ne suis pas sur le sol NZ sorti de l’aéroport je ne crie pas victoire. Avec ce virus tout peut arriver et 2h plus tôt j’ai lu qu’un avion en provenance de Singapour avait été renvoyé chez lui après s’être posé en Belgique car il n’était pas autorisé. Ce n’est pas parce que tu es dans l’avion que tu as gagné,  TOUT PEUT ARRIVER.
C’est le cas de le dire alors que j’attends l’embarquement, je consulte le site de l’immigration NZ et quelque chose me fait tiquer.

FERMETURE DES FRONTIERES LE 20 MARS À MINUIT

Nous sommes le 19 mars, et mon avion est censé atterrir le 20 mars à 5h du matin à Auckland. Petit nouveau stress, je me prépare mentalement à ce qu’Emirates annonce le vol annulé à tout moment.
Je retourne sur le site de l’immigration NZ et lis la petite astérisque :

Tous les vols ayant clôturé leur check-in avant minuit sont autorisés à se poser.

Je suis rassuré, dans l’avion, et le voilà qui décolle 😎🛩
A suivre…
Coucher de soleil
Dernière bière avant décollage
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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

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