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Une histoire de groupe Facebook

5h du matin, l’avion atterrit sur le tarmac d’Auckland, la guerre contre le coronavirus ne fait que commencer ! Je ne crie pas encore victoire, et psychologiquement c’est perturbant car je sais que je viens d’arriver dans un pays qui a fermé sa frontière pendant que j’étais en l’air et je ne suis pas entraîné pour ce genre de situation. Le gouvernement impose 14 jours de quarantaine mais ne sachant pas comment ça allait se passer à la douane, j’ai seulement réservé ma première nuit pour montrer ma bonne foi. Auckland c’est pas l’Indonésie, et la chambre la moins chère à ce moment est à 50€. Je ne me voyais pas perdre 700€ si l’immigration ne me laissait pas entrer sur le territoire ou s’il fallait réserver dans un établissement habilité par le gouvernement.
Le temps de débarquer de l’avion je fais une blague sur une question posée par une certaine Véronique, dans le groupe Facebook des « Français en Nouvelle-Zélande ». À ce moment là je suis très très loin de me douter que c’est cette blague qui conditionnera mes deux prochains mois.

Une histoire d’isolement

Avec les avions de Buenos Aires et Santiago, je fais parti des trois derniers avions qui se sont posés sur le sol Néo-zélandais jusqu’à nouvel ordre. Les arrivées sont filtrées. Pour espérer atteindre la file de normale de la douane, des officiers contrôlent les passeports et preuve de réservation des 14 jours d’isolement pour chaque personne créant un amas de gens considérable devant moi.
L'arrivée en NZ
Avec ma seule nuit réservée, j’ai l’air malin et j’essuie un premier refus au barrage. J’en profite pour demander les conditions, il n’y en a pas. Seulement 14 jours dans un logement fermé : chambre seule ou maison. Les dortoirs en auberge de jeunesse sont donc exclus – logique mais c’était pourtant moins cher. Ce corona a fait lâcher un sacré paquet de pognon au monde entier ! 
Assis sur mon petit banc à côté de la file, je suis prêt à lâcher les 700€ de réservation en cadeau au Corona. Mais c’est à ce moment là que je reçois un message de Véronique sur Facebook qui me propose de venir dans leur colocation. Ils sont 10 personnes à avoir réservé une maison pour l’isolement avant de partir seulement certains de ces gens sont coincés un peu partout dans le monde et ne pourront plus rejoindre la Nouvelle-Zélande, ils cherchent du monde pour remplir la maison. GAME OVER pour ceux qui sont coincés mais c’est une aubaine pour moi ! À 230€ les 14 jours dans une maison avec 10 personnes contre 700€ seul dans une chambre d’hôtel… Le choix est vite fait je choisi la chambre d’hôtel ! Blague of course 🤣🤣🤣🤣🤣
Grâce à leur réservation je passe donc le premier contrôle et me voila dans la file d’immigration.

Conseils de TotoAnecdote

Lorsque j’ai réservé le billet depuis Bali Denpasar-Auckland, j’ai hésité à prendre celui faisant escale à Sydney en Australie car il était deux fois moins cher… J’ai préféré éviter toute embuscade de coronavirus avec un vol direct à 300€. Ça limite les risques. Et quelle aubaine, j’ai appris qu’une des personnes qui devait venir dans la maison a fait le même trajet que moi en passant par Sydney. Et l’avion de Sydney redécollait à 2h du matin pour la Nouvelle-Zélande, mais les frontières ont fermé à minuit pendant que j’étais déjà en l’air. Le vol a été annulé et cette personne s’est retrouvée coincée en Australie.

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Une histoire d’immigration

Cela fait 3h depuis ma sortie de l’avion, le temps se fait long, et je décide de regarder le statut de mon visa électronique fait à la va vite avant de partir :

en attente d’acceptation

 

Ah ben finalement ça prenait pas 5 minutes monsieur d’Emirates ! Nouveau petit stress. Si je suis refusé sur le territoire juste pour ça je suis deg, mais vraiment deg et ça sera la faute du gouvernement français qui ne met pas à jour son site de diplomatie avec les visas des pays – au passage ils disaient aussi qu’on a droit à 4 mois alors que c’est 3 mois désormais bordel ! Je n’ai plus beaucoup de temps, 10 personnes devant moi, et le statut est toujours « en attente d’acceptation« . La blague. C’est mon tour, dépité je rafraîchis la page sans grand espoir mais au cas où:

ACCEPTÉ 

🤩🥰

En moins de 5 minutes, après quelques questions, un grand sourire et sans aucune vérification de mon visa, me voilà sur le sol Néo-zélandais avec le tampon de séjour pour 3 mois.

Visa nouvelle zélande

Mission réussie mon capitaine

Mission réussie

Une histoire de clémentine

Récupération des bagages, mais ce n’est pas fini. Cette fois c’est le contrôle sanitaire. Afin de protéger leur eco système de la prolifération de tout parasite extérieur, ils sont extrêmement stricts sur l’importation d’animaux et denrées alimentaires. Il vaut mieux vérifier 10 fois que rien ne traîne dans ton bagage et déclarer tout ce que tu as. Si tu déclares ils vont vérifier minutieusement et jugeront de jeter ou de te le laisser mais si tu ne déclares rien et qu’ils le voient au scanner… l’amende est très salée. Véridique, de nombreux backpacker n’avaient rien déclaré et se sont pris 200€ d’amende pour avoir simplement une peau de clémentine au fond du sac. Ça fait cher le fruit !

Bienvenue en Nouvelle-Zélande

Une histoire de livraison

A la sortie de l’aéroport, je fais connaissance avec la Véronique de Facebook et mes nouveaux coloc en majorité latinos. C’est une rencontre multiculturelle et pour l’appel on a : Véronique et Alizée les françaises, Isabel et Jessie (alias la bebecita) les mexicaines, Tristan et Nicky les anglais, John, Hernan et Karina les chiliens  et direction la maison.
Maison de confinement
Nous n’avons rien à manger et techniquement nous ne pouvons pas aller au supermarché, seule la livraison est autorisée. Problème nous ne sommes pas seuls dans ce cas et les prochains créneaux de livraison sont dans 4 jours. Le premier jour se passe à coup de Uber eats mais ça revient vite cher. Heureusement le couple d’Anglais Tristan et Nicky ont des amis à Auckland qui acceptent de nous faire les courses pour le week-end.
Ensuite pour les courses en ligne, certains produits ne sont évidemment pas disponibles et pour les autres ils indiquent que ça se jouera le jour même. Le jour J, je reçois un email m’indiquant que les trois quart de ma commande sont indisponibles. Au final je n’ai rien de concret à manger, même pas de pâtes c’est énervant. Résultat tu peux techniquement te retrouver à payer 15$ de livraison pour ne presque rien avoir … heureusement que j’ai groupé ma commande avec Hernan le chilien sinon j’avais des œufs pour 15$. De plus les bières et le vin n’étant pas dispo en livraison j’ai été contraint de me rendre au supermarché en toute illégalité. Et à ma grande surprise tout ce qui n’était pas dispo dans ma commande était présent au supermarché… donc je n’ai pas compris la logique. Bref je peux me faire des crêpes, manger des pâtes au pesto, et boire du rouge. Ça m’avait bien manqué depuis 6 mois 🍷
Crêpes party avec Toto le cuistot
Kévin, une banane chocolat pour la 4
Guacamole européano-mexicain

Une histoire de colocation

C’est le début de 14 jours de cohabitation et de confinement dans cette magnifique maison Néo-zélandaise typée britannique avec de la moquette partout jusque dans les escaliers. Par précaution, nous mettons en place des règles sanitaires et chacun se regarde bizarrement. Mais au bout du 4e jour, l’ambiance se décoince, nous faisons des apéro, soirées, films et les masques anti virus sont vite retirés. De toute façon à vivre sous le même toit, quelque soit les règles sanitaires mises en place soit quelqu’un est contagieux et on l’attrape tous soit personne ne l’a donc autant s’amuser 🥳 10 personnes enfermées dans une maison pendant 14 jours, bienvenue dans Loft story.
1ere courses pré-soirée
Pizza party made by Latinos

Et en plein milieu de ce confinement tombe l’anniversaire de Hernan, donc latinos party obligé et c’était l’occasion de leur apprendre le jeu du caps. Caps de « capsule », si tu ne connais pas le caps c’est certainement le jeu le plus ancien et le plus joué à travers la planète. Chaque joueur se met assis en face de l’autre, une bière entre les jambes avec une distance réglementaire de 3 mètres. Une caps aplatit est posée à l’envers sur le goulot de la bouteille de bière. Un seul but, faire tomber la cap’s de son adversaire avec une autre caps comme projectile.

Happy birthday Hernan
Caps multi joueurs
Joyeux guacamole anniversaire

Une histoire de niveau 4

Voilà 1 semaine que je suis en Nouvelle-Zélande. La vie dans la maison se passe très bien et avec une bonne ambiance. Nous n’avons pas à nous plaindre et nous réalisons la chance que nous avons d’être en sécurité car dans 1 semaine je pourrai visiter le pays pendant 3 mois. Je pense avoir fait le bon choix 🙏😎
C’était le cas de le dire car à cet instant précis nous apprenons aux infos que le pays passe en alerte niveau 3 puis en niveau 4 dans 48h et ce pour 1 mois.
Alerte niveau 3
Cela signifie un vrai confinement pour tout le pays, commerce, tourisme, tout s’arrête. En fait nous avons fait 1 semaine d’échauffement et là c’est parti pour 4 semaines de plus. L’histoire se répète, je me remémore mes journées de torture psychologique en indonésie…
Petite soirée coloc

Une histoire de déménagement

Au terme de ces 14 jours d’isolement, nous devons quitter la maison,  le propriétaire ne veut pas que nous restions. Malgré notre argumentaire, le contact avec l’ambasssade et l’alerte de niveau 4 d’interdiction de déplacement, il n’y a rien à faire nous devons trouver un autre logement dans la région d’Auckland uniquement. Les boulots essentiels sont maintenus et les travaux agricoles en font partis, ce qui nous amène à nous séparer de nos chers latinos qui ont un visa travail et ont trouvé un job dans une packhouse de Kiwis à Tauranga. Nous voulons les suivre mais c’est à 2h de route d’Auckland, ils ont une attestation de travail, le risque de se faire arrêter est trop important pour nous. Réussir à arriver à l’autre bout du monde en période de coronavirus, se faire arrêter par la police et renvoyer du pays pour vouloir suivre des latinos ça serait vraiment trop bête.

Adios les latinos !

Véronique, les anglais, Hernan et moi trouvons une autre petite maison sur Auckland proche de l’autoroute. Pour cette raison la maison n’est pas chère, trois fois moins que la 1ere puisque nous payons 180€ chacun pour le mois. Ça fera l’affaire pour 1 mois. Les jours sont de plus en plus longs, et ennuyeux mais hormis l’autoroute qui passe dans le jardin, nous avons quelques collines sur lesquelles nous pouvons aller grimper les jours de nos sorties pédestres dans le quartier, accompagnées de divers barbecue et c’est pas si mal.

Jump session
Mont Wellington à Auckland
Toto le chimpanzé
Seafood BBQ

Conseils de TotoAnecdote

L’avantage de cette situation de confinement est que tous les visas qui expirent après le 1er avril seront automatiquement reportés en septembre ce qui me donne un droit de 6 mois sur le territoire. Je regagne l’espoir de pouvoir visiter ce pays.

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Soirée film-coding

Une histoire de niveau 3

Le mois est passé, nous attendons avec impatience le 28 avril, jour de décision du retour au niveau 3 qui est proclamé pour 15 jours. Le tourisme est toujours interdit, mais il est possible de faire de courtes randonnées à la journée, se déplacer vers son domicile/travail avec justificatif sinon c’est uniquement localement. Véronique a un travail à Wellington, les anglais prévoient de rejoindre leurs amis et Hernan souhaite trouver un boulot dans les kiwis comme ses homologues… je me retrouve seul à Auckland. Si être arrêté pendant le niveau 4 aurait pu conduire à une expulsion du territoire, en niveau 3 le déplacement régional est autorisé donc le pire qui puisse arriver est que la police nous demande de faire demi tour.

Conseils de TotoAnecdote

Pour la petite histoire, lorsque c’était encore le niveau 4, nous nous sommes fait arrêté par un barrage de police à l’entrée de l’autoroute. Nous étions 3 dans la voiture, et le policier tout timide nous a demandé où nous allions… nous indiquons le supermarché le plus proche et sans sourciller avec un grand sourire il nous demande d’être prudents et de n’y rentrer qu’à une personne puis nous ouvre le passage. Ils sont fabuleux ici !

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Je décide de prendre le risque de faire le trajet jusqu’à Tauranga avec Hernan pour retrouver les latinos avec qui j’ai sympathisé. En revanche je quitte Auckland avec un cadeau puisque j’ai acheté le van qui sera mon compagnon de voyage pour le road trip en Nouvelle-Zélande.

Le van de Toto
Dans le van
Cuisine de van
Dodo de van

Tauranga

Après 3h de route depuis Auckland et des paysages extrêmement chouettes nous voilà à Tauranga, accueillis dans la demeure des latinos. J’avias presque oublié à quoi ressemblait le monde extérieur depuis 1 mois et demi. Ce trajet c’était l’occasion idéale de tester ce superbe van et je ne suis pas déçu.
Plage de pukehina
La maison de niveau 3 avec le van
La plage de Tauranga est magnifique et de nombreux surfeurs y passent leur journée. C’était également mon occupation principale pendant que les latinos étaient aux kiwis 🥝. 
Tauranga beach
Plage de Tauranga
Coucher de soleil à Tauranga
Encore Tauranga
Les surfeurs de Tauranga
Et lorsque les surfeurs voient un appareil photo, ils font un peu les kéké boy.
Elles sont où les vagues ?
Oh kévin tu l'as vu ce tube ?
La jeunesse néozélandaise
Briiiiiiiice
ça envoie du roller un peu
C'est elle ma mer
Et quand les latinos ne sont pas aux Kiwis, on se prépare des bons petits déjeuners 🙂
Brunch detox
Cosy breakfast
En revanche quand on demande à des travailleurs de Kiwis de ramener 4 ou 5 kiwis pour le dessert du soir… voilà ce qu’il se passe ! 
Quand on demande à Isa de ramener 4 kiwis
On clôture ce niveau 3 avec une dernière grosse soirée, encore un anniversaire, cette fois c’est les 30 ans d’ Isa alors ça se fête !
Happy birthday du matin
Soirée d'anniv
La toxic family
Les 30 ans d'Isa

Le 11 mai 2020, après 1 mois et demi de confinement en Nouvelle-Zélande – depuis le 20 mars – le verdict final tombe :

niveau 2 le 14 mai à minuit

Les frontières restent fermées mais le pays se réveille, les commerces ouvrent, le tourisme reprend. C’est la libération et le road-trip de 3 mois peut commencer.

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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

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