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Col du Cho La – 5420m

Depuis Taknak, départ à 6h. La nuit en altitude ne s’est pas bien passée mais les 2 jours à 4700m ont été efficace pour l’acclimatation puisque le mal de tête a disparu. Alors qu’au Renjo La j’étais la voiture balais du groupe, ce jour là j’étais dans le trio de tête avec Stéphane et Quentin, en pleine forme. La dernière partie pour monter au col était technique et beaucoup plus raide que le col du Renjo La, avec une corde métallique permettant de se hisser à chaque pas. Et pourtant malgré la difficulté, je suis arrivé prems au col, sans mal de tête 🙂
Mais les plus méritants ce sont les porteurs. Ils avançaient tout aussi vite que nous voire même plus vite parfois, avec les gros sacs sur le dos ! Respect à ces bonhommes. Récompense au sommet pour tout le monde avec un petit coup de limoncello et les petits biscuits ! – j’avais passé mon tour au limoncello au col précédent vu que j’étais vraiment pas bien, alors je me suis rattrapé ici.
Changement de décor au Cho La, environnement neigeux. Un glacier enneigé nous fait face, et il va falloir le traverser pendant 30min, c’est très beau 🙂 Dernière ligne droite jusqu’à Dzhong-Lha – 4830m – en redescendant la vallée, face au mythique Ama Dablam – 6812m – et le Cholatse – 6440m celui qui a donné son nom au col. 
Col du Cho la
Col du Cho la

Dzhong-Lha (4830m) – Lobuche (5030m)

Grand luxe je m’autorise une douche mais petit piège, ce n’est pas une douche chauffée au gaz mais plutôt un énorme seau d’eau chaude… C’est mieux que rien mais pour 600 roupies – ~6€ – ça fait cher. En revanche le seau est tellement grand qu’il reste de l’eau pour une 2e personne ce qui nous fait 3€ la douche, c’est plus acceptable. Il n’y a pas de petites économies !
Petite journée, nous marchons 3h jusqu’à Lobuche ce n’est pas très intéressant et tout le monde commence à être un peu KO. A l’arrivée, nous logeons dans un centre de recherche en forme de pyramide – accord Népal / Italie. On croirait arriver dans une base secrète. C’est assez luxe et il fait chaud dans les chambres, on apprécie ce minimum de confort. C’est le moment de tester l’oxymètre de Dawa afin de déterminer notre saturation en oxygène. Pour ma part je suis à 80% de saturation et 89 de rythme cardiaque. A titre de comparaison, en basse altitude si vous êtes en dessous de 92% à l’hôpital on vous met sous oxygène… mais ici ça semble être la normale. Même les locaux vivant à cette altitude sont à 80% donc tout va bien 🙂
Cholatse
Timelapse de l'Ama Dablam
Vallée de Dzonghla

Kala Pathar (5643m)

2h de marche entre Lobuche et Gorakshep ça se fait assez bien puis démarre l’ascension du KalaPatthar. Nous sommes à 5100m et il n’y a que 500m de dénivelé, mais ça s’annonce dûr et tout se fait au ralenti. A mi-hauteur je commence à ralentir encore plus le rythme, je ne me sens pas très bien. Le sommet semble encore loin et je fais beaucoup de pauses. Lors d’une d’elles, alors que je contemple face a moi le glacier du Nuptse – 7861m – tout à coup j’entends un énorme craquement. Et « BOUUUUUM » une avalanche en direct. Elle va tellement vite c’est impressionnant ! C’est beau quand on n’est pas dessous … Plus le sommet approche et moins ça va… Je commence à avoir des acouphènes, la tête qui tourne… J’ai la sensation de ne plus être dans mon corps et de tituber. Je veux continuer et repousser mes limites, mais je commence à m’imaginer faire un malaise. Et d’où je suis sur les rochers, si ça arrive ça va pas faire du bien…  Alors je commence à me courber pour être plus proche du sol, et continue d’avancer en posant les mains sur les rochers. La fin est beaucoup plus raide que jusqu’à présent, ce n’est plus un chemin mais de gros rochers à escalader. Le sommet est à 50 mètres mais j’ai mal aux genoux, je me sens en hypoglycémie, à deux doigts de faire un malaise vagal et je sens que si je force encore ça va vraiment se produire. Dans un moment de lucidité, je m’assois sur un rocher. J’ai dêja fini mes barres céréales, je n’ai plus rien à manger, juste de l’eau. C’est pas mal mais il me faut du sucre ! Je suis sur une zone où le vent souffle fort, il fait très froid. Dawa m’assiste et me fait remettre les gants et la doudoune pour ne pas me refroidir. Dans un dernier élan de motivation, un cri de guerre me donne la force nécessaire à me lever et faire les 10 pas manquants !
Ouf me voilà au sommet, un bel accomplissement.
Cette montagne m’a mise en PLS mais en prenant mon temps je ne l’ai pas laissé gagner. Je pense aussi que la PLS a été initiée par le méga sprint que j’ai tenté à 5200m… pas très malin en effet ! La vue au sommet était splendide bien que des nuages soient venus cacher les plus hauts sommets à 8000m – dont l’Everest. 
Le sommet du Kala Pathar
Vue du Kala Pathar

Camp de base de l’Everest

La nuit a été très compliquée. Le lodge de Gorakshep est purement un lodge business :
– il n’y a pas d’eau disponible pour les clients, obligé d’acheter des bouteilles
– les chambres sont froides pour forcer les clients à payer une 2e couverture
– la douche chaude est à 1000 roupies – 9.5€ – on regrette les lodges à 300 roupies la douche – qu’on trouvait déjà chère. 
 
Plus on monte en altitude plus les prix grimpent mais de manière abusé. Une part de gâteau dans une boulangerie ou un coca coûte 500 roupies soit ~5€.
 
Du coup la chambre était dans un sous-sol il faisait très froid, obligé de dormir habillé dans le duvet ! Au réveil, encore un mal de tête a cause de l’altitude, à cela se rajoute le mal de ventre… Le trajet vers le camp de base n’a pas de difficulté, mais avec la nuit que j’ai passé je suis quand même au bout de ma vie et je commence sérieusement à reconsidérer l’ascension de l’Island Peak !
Le camp de base c’est mythique, car c’est le point de départ de toutes les ascensions de l’Everest et les plus grands alpinistes qui s’y sont aventurés sont passés par là. En ce moment il n’y a personne car les expéditions se déroulent au printemps – avril mai. Le temps d’une petite balade au coeur du glacier, entre les séracs et les stalactites qui m’entourent. Une atmosphère austère s’en dégage, le temps est gris, des flocons commencent à tomber, il fait froid. Je sens la glace craquer sous mes pas et entends résonner les grondements du glacier. Le lieu est magique avec cette glace bleue turquoise, mais à la fois meurtrier. Je m’imagine les cordées d’alpinistes qui tentent l’Everest en passant par là et dont certains ne reviendront pas…
Je me sens tout petit et vulnérable au milieu de ces immenses blocs de glace qui m’entourent. C’est normal, c’est l’Everest, c’est mythique, c’est impressionnant !
Camp de base de l'Everest
Panorama du glacier de l'Everest
Glacier Everest
Glacier Everest

Grosse arnaque du labo de recherche

Retour au labo de recherche de Lobuche sous la neige et dans le brouillard. C’est sympa, les paysages qu’on a vu à l’aller ne sont plus les mêmes ! Par contre à l’arrivée, grosse déception. A cause du mauvais temps beaucoup de groupes n’ont pas quitté les dortoirs et à cela se rajoute un groupe d’une trentaine de Russes qui s’approprient le lodge ! Et bien que l’on ait une réservation ça ne semble pas changer grand chose ! Alors qu’on était content de revenir dans cet endroit car les chambres étaient chaudes et la douche agréable. Cette fois à cause du mauvais temps les panneaux solaires ne peuvent pas fournir l’eau chaude pour la douche et nous voilà relégué dans une pièce du labo de recherche, transformé en dortoir pour l’occasion… Et il fait 4°C ! Géniaaaaaaaal.
Pour nous consoler, nous décidons d’aller prendre un « vrai » café et une pâtisserie à la boulangerie du village qui est à … 1,5km ! Équipés pour braver le froid et la neige qui sévit à l’extérieur nous voilà en marche vers notre lot de consolation. Oui il faut être motivé mais c’est une question de survie mentale !
Logement d'appoint dans la pyramide
Merci les russes, grâce à vous c'est la pyramide !
Petit bonhomme mignon
La plus haute boulangerie d'altitude, à 1,5km à pied

Un paysage de Noël

Au réveil quelle surprise en sortant du labo, tout était blanc ! Il avait neigé toute la nuit et c’était trop beau. Malheureusement il y avait encore du brouillard mais ça suffisait à rendre le paysage digne d’un conte de Noël. 
Du fait de la mauvaise météo nous devons abandonner l’idée de faire le col du Kongmala, trop de brouillard et trop dangereux, il faudra contourner la montagne par le bas.
Pour la petite histoire, en 2014 Kusang – l’organisateur du trek – a fait une expédition aux Annapurna avec des Québécois + leur propre guide international. Un soir il a beaucoup neigé et Kusang a dit qu’il ne fallait pas continuer mais attendre 1 jour de plus car trop dangereux. Les Québécois avec leur guide ont refusé et ont voulu y aller… Dans un couloir, une avalanche est arrivée à toute allure depuis beaucoup plus haut. Heureusement pour Kusang il se trouvait avec 2 clients au niveau d’un rocher qui les a protégé de l’avalanche. Ceux qui étaient avant et après le rocher se sont fait emporter, le guide Québécois y compris. Il y eu 9 morts et seulement 5 corps ont été retrouvé 1 an plus tard. Il ne faut pas jouer avec la montagne lorsque c’est dangereux et toujours écouter les guides locaux qui connaissent souvent mieux le terrain.
Petit matin de Noel à la pyramide
En route vers Dingboche pour 2h30 de marche dans le brouillard. Ça se fait bien et heureusement ce n’est que de la descente 🙂 Sur la route nous passons un col à basse altitude où sont construits des mémoriaux en hommage aux alpinistes qui ont périt dans des sommets de l’Himalaya. Le lieu est tristement beau du fait de la neige qui donne un cachet magique. J’ai l’impression d’avoir changé de saison, et d’avoir un aperçu de l’hiver sans l’inconvénient de la température. Mon regard se pose sur la stèle d’un Bulgare de 35 ans décédé il y a un mois. Cet alpiniste a gravit le Lhotse – 8516m 4e plus haut sommet du monde – sans oxygène, mais décède lors de la redescente à 7800m…
Col enneigé
Mémoriaux d'alpinistes morts dans des ascensions
Un col enneigé
Un Dzo blanc
Arrivé a Dingboche, un bon Dal Bhaat pour reprendre des forces et en plus de ça ils passent l’album de Queen ! Ça fait un bien fou de retrouver des choses auxquelles on s’identifie. En tout cas ça fait vraiment du bien de redescendre a 4400m ! On se sent revivre, et on n’a plus cette sensation d’étouffer à chaque effort comme c’était le cas à 5000m. Malgré le col du Kongmala que nous n’avons pas fait, je suis reboosté pour la dernière aprèm de la haute route de l’Everest. Les 1h30 de marche jusqu’à Chukung sont passées en un éclair !
La prochaine et dernière étape de ce Trek Népalais sera l’ascension de l’Island Peak.

Be prepared for the above 6000m …

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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

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