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Kota Kinabalu

Au départ de Puerto Princesa sur Palawan, et après une escale à Manille, me voilà à poser le pied en territoire Malais sur l’île de Bornéo. Mon vol atterrit à 2h du matin, c’est génial pour être fracassé le lendemain mais en même temps c’était le moins cher… et j’ai remarqué qu’en Asie il était assez fréquent d’avoir des vols qui décollent au delà de minuit. Mon séjour a Kota Kinabalu sera express puisque je n’y reste qu’une seule nuit. Je prévoyais de grimper le mont Kinabalu qui culmine à 4000m sauf que l’ascension ne peut pas se faire au dernier moment. Il faut un permis et donc réserver à l’avance d’autant plus que le trek dure minimum 2 jours. Tant pis pour moi, mais dans mon style de voyage c’est trop contraignant de devoir fixer des dates.

Kota Kinabalu
Kota Kinabalu

Séjour dans l’espace

A kota kinabalu je teste un nouveau concept d’hébergement : des capsules spatiales – ce concept semble assez répandue en Malaisie. Dans le dortoir, les lits superposés traditionnels sont remplacés par des capsules spatiales superposées indépendantes. La pièce est digne d’un nouveau scenar de Christopher Nolan avec tous ces néons bleu/violet mais j’ai plutôt l’impression de me trouver en plein milieu d’un escape game futuriste sans savoir sur quel bouton appuyer. Façon science fiction, je présente ma carte d’accès au lecteur électronique de ma capsule qui me valide l’ouverture avec un magnifique son robotique 🙂 La porte coulissante s’ouvre et je découvre mon espace de vie futuriste.
Prêt pour l'espace
Space cap
Space cap
A bord de la capsule de 2 mètres carrés, verrouillage enclenché, j’éteins les néons et m’endors paisiblement prêt à être catapulté dans l’espace. Cette expérience immersive est fantastique, surtout quand ça ne coûte pas plus cher qu’un dortoir classique, c’est à dire 10€ !
Je suis très content d’avoir eu ce petit aperçu du futur, sur notre mode de vie dans quelques années. Je n’ai aucun doute que les humains vivront prochainement dans l’espace lorsque nous aurons déserté la terre que nous continuons de détruire à petit feu…

La rencontre de Mister Choy

Dans mon séjour à Bornéo j’avais prévu d’aller voir le centre de réhabilitation pour orang outang situé à Sandakan. Mais d’après les commentaires sur TripAdvisor il semble que ça s’apparente à un Zoo puisqu’on observe les orang outang manger des bananes derrière une vitre… Je zap, et c’est grâce à ce changement de programme que j’ai entendu parler du petit village de Sukau au bord de la rivière Kinabatangan, qui plus est, se trouve sur la route de Semporna mon objectif principal à Bornéo. Problème, le village de Sukau n’est pas desservi par les transports en commun donc pas possible de s’y rendre sans voiture ! Lorsque l’on recherche Sukau sur internet, tout le monde parle de Mister Choy, un local qui fait le trajet tous les jours depuis Sandakan. J’ai même trouvé un téléphone, alors je tente de le contacter par WhatsApp sans grande conviction… Quelle surprise lorsque je reçois sa réponse très rapide m’indiquant qu’il me récupère à 12h30 à Sandakan 😎 je ne sais pas à quoi il ressemble ni la voiture qu’il conduit mais j’attends… et le voilà qui me klaxonne dans son van à moitié rempli par d’autres locaux. Génial !
Mr Choy
Le trajet est épique, les locaux sont trop gentils avec moi, on s’arrête dans une boulangerie pour acheter de quoi manger, ils m’expliquent tout et je pense même qu’ils sont ravis d’avoir un étranger avec eux. Alors bien que ça s’appelle « boulangerie » il ne faut pas imaginer la boulangerie française traditionnelle avec des baguettes, des pains de campagne, gâteaux et quelques clubs sandwich. Pour la partie gâteaux et sandwich ça y ressemble presque, mais pour le reste c’est en mode cafétéria avec un plateau où on va se servir des morceaux entiers de poulets fris, des brochettes de viandes et divers plats préparés. Après 1h30 de route au milieu des champs de palmiers à l’huile de palme, nous arrivons en une fraction de seconde dans une environnement de jungle. Bienvenue à Sukau !
Il me dépose devant la petite guesthouse familiale, également trouvée sur internet et contactée via WhatsApp 🤣 la Guesthouse est tenue par Mas et il se trouve d’ailleurs que c’est sa cousine !
Guesthouse Sukau
Pour la petite histoire le nom du village Sukau vient du chinois Tsu Ko, qui désigne ces immenses palmiers que l’on voit partout autour du village – différents de ceux pour l’huile de palme. Ces palmiers sont connus sous le nom de rotins et sont utilisés dans la fabrication de meubles.

Jumanji

La rivière Kinabatangan passe juste devant la Guesthouse et l’intérêt de venir jusqu’à Sukau et de faire une balade en pirogue le long de la rivière pour tenter de dénicher les animaux de la jungle. L’intérêt des petites Guesthouses est qu’il n’y a souvent pas grand monde et que c’est souvent plus familial. En effet, ils ont leur propre bateau et je ne suis qu’avec Ieva, une voyageuse lituanienne. Nous ne sommes donc que 2 sur le bateau et c’est bien plus sympa que les pirogues que nous croisons appartenant à de plus gros hôtels avec une dizaine de personne à bord – et avec leur gilet de sauvetage 🤣 il faut compter 50 ringgits pour 2h de balade – 11€.
Il est 6h, nous voilà à bord de leur petite pirogue familiale pour une merveilleuse balade sur la rivière Kinabatangan au lever du soleil. La jungle qui nous entoure semble cacher de nombreux secrets et il est encore difficile d’apercevoir quoi que ce soit dans la nature. Un voile brumeux plane au dessus de la rivière, auquel s’accompagne une symphonie de cris émanant de la forêt. Entre singes et oiseaux, l’ambiance mystérieuse qui se met en place à mesure que nous naviguons nous transporte déjà dans un autre univers… Bienvenue dans Jumanji !
La jungle de Sukau
Champs de palmiers
Arc en ciel sur la rivière Kinabatangan

Lors de cette balade nous avons eu de la chance et avons aperçu pas mal d’animaux : cochons, héron, nasiques « singe à trompe », macaques, gibbons, hornbill, flying squirrel, crocodile, orang outang, hibou, martin pêcheur.

Nasique perché
Héron petit patapon
Nasique
Pas content
Il en faut peu pour être heureux
Aigle
Zazou
Hérons
Martin pêcheur
C’est bien la première fois que je voyais un hibou sauvage en pleine nature, perché sur sa branche. J’ai tenté avec lui un concours de « le premier qui cligne des yeux a perdu »… Et bien j’ai beau avoir tenu une ou deux minutes, j’avais les yeux qui pleuraient alors que monsieur hibou avait toujours ses énormes yeux écarquillés.
Coucou Hibou
Comme nous sommes restés assez longtemps dans cette zone je l’ai pas lâché ce hibou et je crois avoir chopé un clignement au bout de 20 minutes. Ce qui est très drôle c’est qu’il a cligné d’un seul oeil d’abord puis un peu plus tard les deux. Information inutile mais c’était très drôle !
De retour à la Guesthouse nous avons un méga petite dej à base de bananes fries 🙂 Pour ma part j’ai enchainé avec une petite marche de 1h dans la jungle avec le frère de Mas. C’était sympa mais a part 3 zazou nous n’avons rien vu de spécial.
De mon expérience j’ai trouvé que cette jungle de Bornéo est un subtile mélange entre le roi lion, le livre de la jungle et Jumanji. La région de Kinabatangan est une très belle découverte et je ne regrette pas d’avoir zappé les orang-outans de Sandakan, ce que j’ai vécu à Sukau était bien plus sauvage et authentique 🙂
Lever de soleil sur Kinabatangan

Les transports Malais

Pour rejoindre Semporna objectif de mon séjour, je ne repars pas avec Mister Choy mais un voisin de la Guesthouse qui me conduit pendant 1h jusqu’à la jonction de la route principale. Pendant ce temps il a contacté le chauffeur du bus local entre Sandakan et Semporna – qui doit être un de ses potes. Soudain dans la voiture il m’annonce : Problème ! Le bus est complet il n’y a plus de places😱😱😱 gros stress puisque je dois absolument être au plus tard ce soir 28 janvier à Semporna. J’ai rdv à 7h du matin le 29 sur le quai pour partir plonger 4 jours sur Mabul et Sipadan. Apparemment pour juste une personne le chauffeur a dit que c’était ok 🤔 Ouf ! mais je suis déjà en train de m’imaginer voyager dans la soute… 😵
Après 20 minutes d’attente sur le bord de la route, le bus arrive et j’ai un vrai siège qui m’attend !  Ils ont dû jeter quelq’un en route pour faire de la place 🤣 par contre il fait un froid glacial, ils sont vraiment insupportables avec leur clim qui tourne à fond…  normalement il n’y avait pas d’arrêts entre Sandakan et Semporna donc un grand merci à ces gentils Malais qui se sont occupés de moi grâce à la parfaite coordination de Mas, son voisin, et le chauffeur de bus 🙏

Mabul

Au petit matin du 29 janvier, je quitte le port de Semporna sur le bateau du centre Billabong scuba en direction de ma nouvelle maison Mabul Island. 30 minutes de bateau à fond la caisse suffisent pour rejoindre cette île à l’aspect fort sympathique. Le bateau s’engouffre dans les allées entre les pilotis, c’est la Venise Malaisienne.
Mabul Island
Marcher sur ces allées de planches sur pilotis reliées par des ponts au dessus de l’eau turquoise est vraiment génial. Oh une tortue qui passe juste sous mes pieds ! 😍
Sur cette toute petite île de Mabul il faut bien s’organiser pour les appareils électroniques puisque l’électricité est limitée : 10h – 15h et 19h – 7h. C’est une sorte de low cost de Bora Bora mais c’est ce qui fait son charme. L’île est très pauvre et on s’en aperçoit très rapidement lorsqu’on s’aventure dans le village des locaux. Cependant les resorts de plongées ne sont pas du tout des hôtels 5 étoiles, le confort est sommaire, et je les trouve plutôt bien intégrés à l’île. Chez Billabong scuba, une nuit en pension complète dans un bungalow coûte 35€ et la nourriture en mode buffet à volonté est plutôt très bonne. Ensuite les activités sont à la carte. Entre « ne rien faire »,  « snorkeling » et « plongée », il y a de quoi occuper ses journées mais il ne faut pas compter trouver d’autres activités 🙂
Pour ma part je suis venu pour la plongée donc on va pas enfiler des perles 😎
Les planches de Mabul island
Mabul

La psychose du coronavirus

Petite parenthèse concernant l’expansion du coronavirus dans le monde et ici particulièrement en Malaisie. Des mesures de protection sont prises, et lors de mon séjour sur Mabul j’apprends qu’un cas s’est déclaré à Tawau – ma prochaine destination à Bornéo – et que les Chinois sont interdits de territoire à Sabah – non rien à voir avec Sabah Africa, ou Aïcha reine de Saba, c’est ainsi que s’appelle la partie Malaisienne de Bornéo. Je ne sais pas quelles sont les recommandations du gouvernement auprès des locaux, et particulièrement ceux vivants sur les îles mais c’est la première fois que j’ai vécu comme un pestiféré. J’ai été très perturbé par le comportement des enfants en me baladant dans le village… tous se cachaient le nez et la bouche lorsqu’ils voyaient des étrangers… et je peux t’assurer que c’est vraiment perturbant de marcher dans un village et de voir les enfants se cacher lorsque tu essaies de leur dire bonjour. Contrairement aux enfants, les adultes eux me saluaient et me souriaient mais je n’ai pas aimé le climat. Résultat je n’ai pas tenté de parler avec les locaux comme j’ai pu faire au Laos afin de ne pas aller à l’encontre de leur comportement répulsif et après ma balade je me suis mis en quarantaine, cloîtré dans la zone de Billabong Scuba  😷
Cela dit je peux comprendre leur réaction mais j’ai été très déçu puisque je me suis senti comme un touriste à l’écart de la population, chose que je n’aime pas faire.
Le coronavirus est en route

Nettoyage des fonds marins

Les fonds de Mabul ne sont pas exceptionnels mais de nombreux petits organismes se développent dans cette zone. Mis à part les tortues, ce sont donc des plongées spécialisées macro et c’est l’occasion de découvrir de nouvelles espèces.
Hello tortue
C’était sympa mais j’ai vu qu’une seule espèce vraiment originale : une sorte de mini araignée toute velue qui vit dans les anémones. Le reste c’était 100% nudibranches. Il y a plein d’espèces de nudibranches mais quand tu en as vu 5 dans la plongée tu veux autre chose 🤣
Et bien je pensais pas si bien dire puisque les fonds marins étaient remplis de déchets : canettes de coca, paquets de cigarettes, sacs plastique enroulés autour des coraux… C’est bien triste ! Ce qui m’a surtout choqué et révolté c’est que les divemasters s’en fichent royal. En France si un plongeur voit un déchet dans la mer il le récupère, mais là non ils passent au dessus comme si c’était normal – j’attendais le moment où il allait me faire croire que le sac plastique c’était une méduse – Ça m’a tellement fait mal au coeur que j’ai commencé ma petite opération nettoyage 😢 Et oui vu que j’en avais marre de voir des nudibranches je préférais faire une plongée utile.

Sipadan

C’est le nom d’une île préservée à 20 minutes en bateau de Mabul Island. Gardée par les militaires, cette île minuscule est sauvage et seuls les bateaux de plongeurs viennent accoster. Des mesures de protection sont mis en place, un nombre limité de plongeur est autorisé chaque jour, et lors de l’arrivée sur l’île il faut aller s’enregistrer avec le passeport. Il y a également un code de conduite comme par exemple :
  • – interdiction de faire le tour de l’île à pied. Seul le bout de plage où on accoste est autorisé.
  • – interdiction de porter des gants en plongée pour éviter de toucher la vie marine.
Si un mauvais comportement est constaté on peut être banni de Sipadan !
Sipadan
Pause café à Sipadan

Sipadan c’est la seule et unique raison de ma venue à Bornéo, et de mon séjour sur Mabul island point de départ vers ce musée sous-marin. Ce n’est pas la haute saison touristique, et le centre est relativement vide, à tel point que chez Billabong Scuba je suis le seul à partir à Sipadan : royal !

Tableau des plongeurs Sipadan
En revanche plonger à Sipadan coûte extrêmement cher ce qui peut en rebuter plus d’un. Il faut compter 225€ PAR JOUR avec 3 plongéeset oui 75€ la plongée c’est violent c’est le double du prix normal. C’est clair que ça grève un budget mais des plongées de malade puisque c’est jusqu’à présent les plus belles plongées que j’ai faite, autant pour la beauté des fonds que pour la vie marine.
Bonjour monsieur
Oh my god !
Hep toi là bas
Tortue loin loin
Encore une tortue
Des requins et des tortues en pagaille. Je ne les comptais même plus tellement c’était fréquent d’en avoir autour de nous. Une sensation magique.
Banc de carangues
On a de quoi s'amuser
Jardin de coraux
Tortue
Patrick l'étoile de mer
Nudibranches
Malheureusement je n’ai toujours pas vu de requin baleine tant attendu… certains en ont vu la veille ! Je n’ai pas de chance. En parlant avec les locaux qui y plongent depuis des années, ils constatent un changement radical depuis ces 6 dernières années. La faune marine commence à migrer, on observe beaucoup moins de gros poissons et certaines espèces se font rares. Il y a quelques années, il était très facile de plonger avec les requins marteau en allant sur un spot en particulier… Aujourd’hui il faut être très chanceux pour en voir un !
Le monde de Némo
Le séjour à Bornéo se termine en beauté. A présent c’est le moment fatidique d’aller au consultat de Tawau pour faire le visa indonésien… qui conditionne une grande partie de la suite des aventures de Toto.
Un mur de poissons
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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

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