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Un paradis dangereux ?

Balabac est un ensemble d’îles qui se situent à l’extrême sud de Palawan. C’est un paradis que j’avais reperé pendant l’organisation de mon tour du monde et que je voulais absolument visiter… mais la logistique d’intégrer les Philippines à mon itinéraire était trop complexe j’ai dû tristement abandonner l’idée ! Seulement la donne a changé fin décembre lorsque j’ai ajouté ce nouveau pays en prenant mon billet d’avion pour Manille. Me rendre à Coron et El Nido c’était déjà magique mais si en plus je réussissais à combiner Balabac ça serait encore plus la folie. Cependant organiser un séjour à Balabac c’est se lancer dans l’inconnu.
Tour d’abord parce que cette région n’est PAS DU TOUT développée pour le tourisme, voire même pas développée tout court, donc les informations sont difficiles à trouver et parfois peu fiables. Et si très peu de touristes s’y rendent c’est déjà parce que c’est loin et isolé des destinations phares Coron et El Nido mais aussi car la zone est réputée comme très dangereuse pour plusieurs raisons :
  • Moustiques et maladies (dengue, paludisme, zika, malaria…)
  • Crocodiles : il sont très dangereux et même les locaux subissent des attaques mortelles.
  • Kidnapping : le sud de Palawan est réputé pour abriter quelques groupes terroristes de Abu Sayaf
Pour les deux premières raisons on ne peut pas y faire grand chose et le danger est bien réel, en revanche pour la troisième, je ne me suis pas du tout senti en insécurité à Balabac, bien au contraire l’accueil a été bien plus vrai et authentique que dans de nombreux endroits visités et j’ai vécu des moments de partage fabuleux. Il y a eu un kidnapping de deux Australiens sur leur Yatch en 2015, les kidnappeurs faisaient partis d’un petit réseau de terroristes et les ont ensuite revendus dans un réseau plus important qui après échec de rançon les ont égorgés. D’après les locaux, il semble également que le gouverneur philippin ne veuille absolument pas développer le tourisme dans le sud car il ne détient aucune terres, contrairement à la partie Port Barton/El Nido/Coron… entre business et réel danger, personne ne sait ce qu’il en est donc le mystère du danger du sud de Palawan continue de planer. Quoi qu’il en soit les faits sont là, un seul kidnapping en X années c’est « raisonnable » et pas plus dangereux que la France avec les tristes attaques terroristes de Nice/Paris et divers endroits où règne la mafia !
Bienvenue à Balabac
Un endroit dangereux ?

Un long trajet

C’est ainsi que je me suis retrouvé à réserver un trip de 4 jours à Balabac via l’agence en ligne Wander Walkers. Compte tenu de tout ce que je viens de dire plus haut – que ce soit vrai ou pas, et de toute façon personne n’en sait rien – il est plus rassurant de partir avec un groupe sans avoir à gérer quoi que ce soit. D’autant plus que pour atteindre Balabac il faut être très motivé, c’est une mission qui prend 2 jours. En effet étant à El Nido j’ai dû faire 5h de van pour redescendre à Puerto princesa où j’ai attendu la soirée avant que le van des Wander Walkers me récupère à 2h du mat pour à nouveau 7h de route vers le sud de Palawan. Une fois au port de Buliluyan, la ville la plus au sud, il faut encore faire 2h de bateau avant de finalement poser le pied sur l’île de Sibaring, lieu de notre campement.
Il y a toujours de la place
Le moussaillon

Note : tu as peut être remarqué que mon itinéraire sur Palawan n’est pas du tout logique… puisque arrivé à Puerto princesa je suis d’abord monté à Coron et El Nido pour redescendre à Balabac à l’extrême sud et ensuite remonter à Port Barton. Cela est dû au fait que j’ai réservé le trip à Balabac après avoir pris mes billets d’avion pour les Philippines… Les dates du tour groupé à Balabac étant fixes et tombant en plein milieu de mon séjour j’ai dû m’adapter – c’était ça ou pas de Balabac !

C'est par là bas

Campement sauvage

Sibaring est la deuxième plus grande île de l’archipel de Balabac et nous vivons au milieu des locaux. Dans les environs de la mer de Sulu et sur Sebaring, il n’y a que des locaux, et bateaux de pêcheur, pas d’hôtels, de speed boats et gilets de sauvetage, aucun touriste à l’horizon mis à part notre groupe de 10 constitué de :
  • Mika et Nausi
  • Mathieu et Amandine
  • Egga et Kristian –
  • Kim
  • Jenny
  • Steven
  • Toto
C’est le calme et le dépaysement total !
Le groupe de touristes
Chillax pepitax à Sibaring
Miam les crabes
Plage du campement
Repas Philippin
Plage de notre campement
Sibaring notre campement
Le campement est bien équipé. Sur un terrain en bord de plage avec une hutte pour la cuisine, une pour les douches et sanitaires, un espace pour manger et quelques bungalows.
Officiellement nous dormons dans des tentes qui sont dressées sur la plage mais ceux qui le souhaitent peuvent payer un supplément pour avoir un bungalow privé. Pour ma part j’ai voulu pousser l’expérience au maximum : pas de tente, ni de bungalow mais un Hamac tiré entre deux arbres ! Après avoir vu Ardee notre guide installer le sien, j’étais jaloux et je ne voulais pas crever de chaud dans la tente, ni payer le supplément bungalow donc j’ai opté pour une nuit à 1 million d’étoiles et c’était tellement magique. Un hamac avec filet moustiquaire c’est parfait pour une nuit fraîche, sous le ciel étoilé, bercé par le bruit des vagues, protégé des parasites volants 🙂
Hébergement 1 million d'étoiles

Bleu et blanc

Aucun signe de l’aviron Bayonnais à Balabac, pourtant durant ces 2 jours et demi sur place, mes yeux ne distinguaient plus que deux couleurs : le bleu turquoise de l’eau et le blanc éclatant des langues de sable qui s’étendaient face à nous.
Visibilité pas trop mal
Banc de sable vu en drone
Banc de sable de là haut
Banc de sable à perte de vue

Nous avons visité des endroits tellement magnifiques que ça ne semblait pas réel. Lors de notre arrivée sur Onuk Island, des tortues nageaient autour du bateau 😍  Je regarde autour de moi en admirant cette eau cristalline et turquoise ponctuée de quelques bancs de sables d’un blanc très pur… Soudain, comme un flash de ma préparation de voyage, je me souviens parfaitement le moment où je lisais le blog de ce couple tourdumondiste en rêvant d’aller à Balabac au travers de leur photos. Ce paradis semblait tellement compliqué à atteindre et surtout non visité que c’est ce qui m’attirait. À présent j’ai la sensation de m’être fait aspiré par l’écran de l’ordinateur qui m’a transporté en une fraction de seconde de ma chambre à ce paradis. J’ai du mal à le croire mais je souris et réalise :

Ça y est j’y suis, c’est bien réel !

C'est dangereux par là bas ?
En mer avec Jonjon et son équipe pour 2 jours, après un petit déjeuner copieux nous quittions le campement vers 8h en direction de différentes îles et bancs de sable. Chaque arrêt avait son lot de surprise : étoiles de mer, tortues, paysage à couper le souffle…
Patawan island
Patawan island
Nausi à Balabac
Coucou la tortue
Mika le guerrier

Evasion magique sur Onuk Island

Bonjour vous
Onuk island
Onuk island vue en drone
Onuk island

Seuls touristes au milieu de ce paradis perdu

Onuk island
On pourrait croire à du Photoshop
Les trajets en bateau pouvaient s’avérer longs et fatiguants. L’aller passait bien car nous faisions plusieurs stop, mais le retour d’une traite depuis Onuk islandl’île la plus éloignée – a duré 2h… A cela s’ajoute une chaleur assommante et le bourdonnement intense du moteur dans nos oreilles, résultat nous étions cuit.
KO de fin de journée

La vie locale à Sibaring

Les locaux qui géraient le campement étaient adorables et nous cuisinaient d’excellents plats : crabes, poissons, adobo de poulet, tinola (soupe de poulet), pancit bihon (plat à base de noodles), et autres spécialités philippines.
L’après midi de notre arrivée, nous avions quartier libre au campement et je suis parti à la découverte des alentours. Par mesure de sécurité nous n’avions pas le droit de nous éloigner trop du campement, et surtout interdiction de s’approcher des mangroves, lieu de vie des crocodiles… En restant raisonnable je suis parti marcher dans le village – ou plutôt les cinq maisons éparpillées entre les palmiers – et j’ai repéré un bâtiment scolaire qui regroupait primaire, collège, lycée. A ma plus grande surpise, alors que le village était désert, les classes étaient habitées par des enfants et j’ai trouvé ça encore plus génial pour aller à la rencontre de la vie locale ! A mon habitude, je me place discrètement à l’entrée de la classe et devient très rapidement le centre d’intérêt de tous les enfants qui n’ont pas l’habitude de voir des étrangers.
Déranger une classe en plein exam
Malheureusement eux ne parlent pas anglais mais la maîtresse fait la traductrice et m’expliquent qu’ils sont en train de faire un examen. Gêné je m’excuse et m’éclipse mais ça n’a pas l’air de les déranger, au contraire elle me tient la discussion et m’invite à rentrer dans la classe. J’en profite pour lui demander de m’apprendre à parler philippin. La leçon démarre et elle commence à écrire au tableau des phrase que je dois répéter. Je rappelle qu’ils sont censé être en examen mais apparemment ma leçon est devenue plus intéressante pour eux 🙂 À chaque mot prononcé je deviens la risée de ces petits enfants et c’est tellement drôle. Moments de fou rire, cet instant est épique et tellement génial ! Il n’y a pas plus local que d’être au tableau face aux enfants philippins dans leur salle de classe et d’apprendre à parler leur langue. Je m’en suis sorti en sachant prononcer « Ang pangalang ko ay Thomas » qui signifie « Je m’appelle Thomas ».  Ça semble très simple à lire comme ça mais la prononciation est extrêmement difficile pour un Français.
Cours officiel de Philippin
Le succès de mon accent Philippin
En sortant, ravi de mon expérience avec les petits j’enchaîne avec le côté des plus grands. Cette fois ce sont des ados de 16 ans et ils parlent anglais donc je peux discuter avec tout le monde. Il n’y a pas grand monde, seulement 5 personnes et ils ne sont pas en train de travailler. La classe est transformée en une cour de récréation et la prof m’explique que les autres doivent sûrement être en train de jouer au basket à la fête du village. Ah ? Intéressant 🤣 – voir paraphe suivant. Il semble que ce soit l’équivalent de la terminale car ils m’expliquent qu’ils avaient un gros exam en fin d’année et suite à ça ils avaient le choix entre commencer à travailler ou bien aller à l’université de Puerto Princesa. Parmi les étudiants se trouve Hanna Mae un fille adorable qui rêve de voyager comme je fais après l’université.
Dans la salle de classe
Je m'approprie le terrain
Dans une salle de classe à Sibaring
Pouvant parler en anglais à tout le monde, les discussions ne sont pas les mêmes qu’avec les enfants et on me demande rapidement si je suis célibataire, on fait des selfies, et on parle de Facebook. Avec eux j’apprends aussi quelques mots et à mon tour de leur apprendre le français. Je prends une craie, me voilà au tableau et je commence à écrire des mots qu’ils doivent répéter – et en effet c’est très drôle, je comprends mieux la réaction des enfants.
Je n’ai pas eu le droit de quitter la salle avant d’écrire mon pseudo Facebook au tableau accompagné d’un message d’amour pour Sibaring, l’île sur laquelle nous sommes 🙂
Moments de vie extraordinaires avec ces gens tellement accueillants !
Un moment inoubliable

Le fête du village

Comme indiqué dans le paragraphe précédent, actuellement se déroule une fête à 5 km de notre campement. Ce qu’ils appellent « la fiesta », dure 1 semaine et se passe une fois par an : c’est l’équivalent de la nouvelle année. La journée c’est compétition de basket entre les équipes locales et le soir c’est divers concours pour enfants avec chants, danse et défilé de gays.
Un soir, Ardee nous propose d’aller faire un tour dans cette fête avec tous les locaux. C’est sûrement une expérience unique, comment refuser ? Étant donné que c’est à 5 km et qu’il faut traverser la forêt de palmier dans la nuit il arrange notre transport avec les locaux qui se proposent de nous faire l’aller retour avec leur tricycle pour 100 pesos par personne – 1.80€.  Et voilà comment 10 touristes internationaux débarquent en plein milieu de cette fête local où ils pensaient être tranquille. Nous sommes accueillis comme des rois et le maire du village vient carrément nous saluer pendant qu’une philippine nous annonce au micro ! Rigolo et gênant à la fois. Actuellement un concours de danse est en train de se dérouler et ils nous installent une table en plein milieu du terrain de basket juste à côté des juges. Nous ne nous sentons pas trop à notre place car on ne veut pas être hautain et faire les rois. Tous les Philippins nous regardent mais au final l’ambiance est très bonne et nous avons commencé à parler avec tout le monde 🙂
La fiesta
Enfants à la soirée
Superbe ambiance, la soirée est extraordinaire et nous voyons s’enchaîner différentes danses dont une très bizarre qu’ils semblent faire à toutes les sauces petits comme grands ! Le tout sur une musique de techno endiablée des années 90 du DJ butox qu’ils passent en boucle… Elle nous est restée dans la tête jusqu’à la fin du séjour ! Soudain ils nous invitent en plein milieu de la piste de danse. Il faut savoir qu’aux Philippines ils n’ont pas la culture du ridicule et personne ne se moque de personne, chacun vit comme il l’entend et c’est ce qui fait d’eux des gens heureux. Une fois qu’on sait ça, y a plus qu’à se laisser aller sur la piste de danse. Nous avons été le spectacle de ces philippins pendant de longues minutes et c’était très drôle !
À 23h après toute la soirée passée à la fiesta c’est le retour au campement, les uns entassés dans un tricycle, les autres debout à l’arrière d’une camionnette. Cette soirée était épique et pleine de souvenirs mémorables.
Allez on rentre au campement

En résumé

Balabac est un endroit extraordinaire au sud de Palawan. Se rendre à Balabac demande du temps, depuis Puerto princesa il faut compter 1 jour pour y arriver, et 1 jour pour en repartir. Mais au final il faut encore ajouter une ou deux journées : et oui qui vient à Palawan sans se rendre à Coron ou El Nido ? Les îles de Balabac font parties des rares endroits aux monde qui sont très peu visités et permettent de se retrouver seul dans un environnement plus que paradisiaque ! Quelle meilleure expérience de voyage que de se retrouver seul sur des îles d’une beauté incroyable, et vivre au milieu des locaux ? Au delà de la quiétude du lieu, les quelques philippins sur place sont d’une gentillesse et d’un accueil chaleureux. Cependant y aller seul n’est pas conseillé car les informations sont quasiment impossible à trouver, mais aussi pour connaître les zones de crocodiles à éviter, et surtout car ce n’est pas plus rentable. Trouver un local sur place pour faire une balade entre les îles c’est possible mais très cher si on est seul puisqu’il faut compter environ 5000 pesos par jour juste pour le bateau… Donc pour 4 jours en ajoutant les repas, le logement, le transfert en van on dépasse largement les 12 000 pesos que m’ont coûté ces 4 jours entièrement organisés par les WanderWalkers 👍
Bateau traditionnel au lever de soleil
Balabac
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Ma vie est trop compliquée pour tenir dans un texte de présentation, mais ce que je peux dire c'est que j'ai toujours rêvé de voyager autour du monde et découvrir de nouvelles cultures. Aujourd'hui, j'ai emballé mes affaires, quitté mon travail et je suis tous les jours dans un endroit magnifique ... Il ne manque plus que ma patatas fritas

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